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Cameroun: L’étau se resserre contre les trafics aéroportuaires

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Un décret du président de la République  du Cameroun signé mercredi crée des Cellules chargées de la collecte du renseignement et du contrôle des bagages et des personnes.

Le 18 juillet 2014, des agents de la brigade touristique de l’aéroport international de Douala procèdent à la saisie d’un important stock de cocaïne dans les bagages d’un passager de nationalité étrangère en transit ici. Six jours auparavant, les agents de la même brigade avaient procédé à une saisie de 300 g de cocaïne dissimulée dans les sous-vêtements d’un autre passager, lui aussi en transit. Le 1er juillet 2014, ce sont trois kilogrammes d’héroïne qui ont été saisis, dans le même aéroport, dans les bagages d’un autre passager en partance pour un pays européen. Ces trois exemples, qui sont une infime partie des saisies opérées dans ces espaces, ces derniers mois, illustrent l’intérêt des aéroports camerounais chez les trafiquants. C’est sans doute pour mieux se prémunir contre ces différents fléaux que le président de la République a signé hier le décret portant création, organisation et fonctionnement des Cellules aéroportuaires anti-trafics (CAAT) au sein des aéroports internationaux du Cameroun. Ceci, dans le cadre de l’établissement d’une communication sécurisée, « en temps réel, entre les aéroports internationaux d’Afrique, d’Amérique Latine et des Caraïbes. » Le Cameroun étant signataire du protocole d’accord du 9 janvier 2014 avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

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Créée au sein de chaque aéroport international le Cameroun en compte quatre (Yaoundé, Douala, Garoua et Maroua) la CAAT a trois principales missions. Elle est ainsi chargée « de collecter et de partager les renseignements, en temps réel, entre les aéroports connectés, dans le cadre de la lutte contre les trafics illicites… » Ceux-ci concernent notamment les drogues, les armes, les explosifs, les objets d’art et les médicaments contrefaits. La seconde mission dévolue à la Cellule aéroportuaire anti-trafics est celle de l’exercice d’un contrôle « plus efficient des personnes, bagages, frets et courriers postaux en transit, à l’arrivée et au départ, dans le cadre de la lutte contre les trafics illicites. » La CAAT est enfin chargée de procéder à l’analyse des risques. Il faut indiquer que cette structure est compétente sur l’ensemble du domaine aéroportuaire et ses dépendances. S’il n’est pas compétent pour mener des enquêtes, la CAAT, en cas de saisie, « transmet immédiatement le dossier aux structures compétentes, aux fins de poursuites judiciaires. » Trois administrations vont constituer l’ossature des cellules. Il s’agit de la police, de la gendarmerie nationale et de la douane. La CAAT est placée sous la supervision d’un Comité national de pilotage ayant pour président, le délégué général à la Sûreté nationale ou son représentant. Cette dernière structure est composée de huit administrations, auxquelles s’ajoutent les chefs des Cellules.

© Jean Francis BELIBI | Cameroon Tribune

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