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Cameroun – Fête de la Tabaski: Le mouton se mange froid à Yaoundé

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Ils n’ont pas été bien nombreux cette année à Yaoundé, de l’un (chrétiens) ou de l’autre côté (musulmans), à s’impliquer dans cette fête qui célèbre le sacrifice du mouton. Promesse d’une soirée plus tard ? Difficile de le dire jusqu’ici.

15 octobre 2013. C’est ce jour, que se célèbre la Tabaski pour ce qui est de cette année 2013. À Yaoundé, c’est également jour de fête, mais on peut s’y tromper. Dans les rues de la ville, c’est timidement que les présences se font ressentir. De façon morose au quartier éleveur, certaines ménagères vaquent à leurs occupations, font certains achats pas très loin, dans les épiceries du coin. En se dirigeant vers la ville, l’on s’attend à voir un spectacle différent. Il est déjà 09h, et les musulmans sortent de prière. On ne le croirait pourtant pas. Par groupes clairsemés, ils s’éloignent du stade omnisport, lieu de prière habituel pour les musulmans de la zone. Leurs conversations ne sont pas non plus très enthousiastes. Le brouhaha de la fête du Ramadan manque, on peut le dire. Pas de motocycles bruyants, sur lesquels sont entassées 03 à 04 personnes. Les rues ne sont pas non plus surchargées. On est bien loin de l’effervescence habituelles des fêtes de Ramadan.

Au lieu de prière proprement dit, l’ambiance est tout de même un peu différente. Les quelques musulmans véhiculés, venus s’acquitter de leurs devoirs envers Dieu, tentent de repartir. Un embouteillage est vite né, avec ceux d’une part qui tentent de rallier la ville pour diverses autres activités, malgré le férié de la journée. Pas très loin pourtant, d’autres ne semblent pas pressés. Ils sont encore en grande conversation, par petits groupes « en attendant d’arriver à la maison à temps pour le repas de fête. Sinon, on s’ennuie tout de suite. Contrairement aux autres fêtes, vous constaterez que les télévisions ne proposent pas des programmes alléchants au sujet de la Tabaski. La télévision nationale à vite fait de diffuser la grande prière, et c’est très souvent tout. Bien loin des programmes chargées des périodes de Noël en tout cas », se plaint Ousmane Arouna.

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Viande de bœuf 

Dans les familles pourtant, les femmes s’activent. « Il faut que le repas soit prêt avant une certaine heure, pour faire durer un maximum la fête », précise Adjara au quartier Tsinga. Leurs maigres moyens ne leur ayant pas permis de se procurer un beau mouton, ils se sont rabattus vers la viande de bœuf. Ce sera donc le plat principal au menu de ce midi, accompagné d’un peu de riz et de couscous. Légumes et poulets seront également de la partie. « Il faut bien faire avec les moyens à notre disposition, car les finances cette année n’ont pas permis d’aller au-delà », conclu-t-elle. Les enfants eux, ne semblent pas très affectés. Des programmes pour se distraire, ils en ont. « Après le repas, nous iront rendre visite à quelques oncles et plus tard dans la soirée, nous nous offrirons une soirée dansante. Remarque, ça n’arrive pas tout le temps et c’est le seul jour où les parents sont ouverts à ce genre de programmes. Alors, on ne s’en privera pas », se réjouit les enfants Hamann de la briqueterie.

Malheureusement même ici, les « 50-50 » si souvent prisées par les non-musulmans, ne font pas encore courir. Une promesse certaine pour plus tard dans la soirée, au regard des préparatifs dans lesquels sont plongés les restaurateurs.

Florette MANEDONG 

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