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Cameroun – Entrée au gouvernement: A quoi joue le SDF ?

Il y a de l’incohérence et des dissonances dans la démarche du Social democratic front (Sdf) au sortir de la réunion du Comité exécutif national du 25 janvier 2014, qui s’est tenue à Bamenda. Dans un communiqué parvenu au Messager, le premier vice-président du parti du 26 mai 1990, Osih Joshua dément « avec vigueur «les affirmations» selon lui avancée dans les quotidiens camerounais. Des informations, indique le premier vice-président du Sdf «infondées» et comportant des «contrevérités». Selon la deuxième personnalité du Sdf, l’entrée au gouvernement n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour du dernier comité exécutif national du parti que dirige Ni John Fru Ndi. Tout comme la même source indique qu’aucune allusion n’a été faite concernant l’entrée au gouvernement de ce parti.Des assertions quelque peu relativisées par le fait que le Sdf, selon la même source veut entrer au gouvernement par des élections et non par des nominations. Dans le même temps, le premier vice-président du Sdf précise que «cela n’exclut toutefois pas le fait que pour des raisons politiques, nous pouvons être amenés à envisager l’éventualité de notre entrée dans le cadre d’un gouvernement de salut public». Une structure qui, indique le rédacteur du communiqué, contribuerait à sortir le Cameroun de la crise profonde dans laquelle il est. Une situation qui serait inspirée du discours du président de la République du 31 décembre 2013. Une crise «par ailleurs reconnu par M. Biya lors de son adresse à la nation le 31 décembre dernier». En clair, indique le premier vice-président du Sdf, l’initiative d’entrer au gouvernement n’émanera pas du Sdf. «Si le pouvoir de Yaoundé estime que l’appui du Sdf est impératif dans un gouvernement de salut public, la démarche lui incombe.»

Négociations informelles

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Contacté par nos confrères du quotidien Le Jour, Ni John Fru Ndi indiquait il y a quelques temps que «le Sdf est un parti comme tous les autres et peut naturellement apporter sa contribution à la bonne marche du pays.» Des raisons pour le leader du Sdf de s’appesantir sur la nature des propositions faites par Paul Biya. Un contrepied aux rumeurs de négociations informelles émanant du Sdf qui font l’actualité ? C’est que, pour Ni John Fru Ndi, toute entrée d’un membre de son parti doit impérativement passer par lui. Sans infirmer de probables négociations entre le Sdf et le pouvoir dans le cadre d’une potentielle entrée dans le gouvernement, le Sdf semble indiquer le cadre.

Au sein du Sdf, l’on insiste sur le fait que seule la hiérarchie du parti désignera ses potentiels représentants au gouvernement en gestation. Une position que confirme le premier-vice président du Sdf. Osih Joshua indique en effet que «la décision d’entrer au gouvernement n’est et ne sera aucunement tributaire d’une décision personnelle d’un camarade, non mandaté par le parti.» Une allusion faite à certains militants du Sdf qui se répandrait dans les médias. Sauf que les précisions qu’entend apporter le premier vice-président du Sdf semblent conforter les incohérences et les dissonances qui caractérisent la position du parti autour de son entrée probable dans le gouvernement.

Au sortir du Comité national exécutif du 25 janvier dernier, des sources internes au Nec confiaient au Messager les préalables du Sdf pour une éventuelle entrée au gouvernement. Nécessité de réduire les doublons et d’amoindrir les dispersions au sein du gouvernement. Tout comme les mêmes sources indiquent la nécessité de réduire les effectifs du gouvernement de 60 à une vingtaine de ministres. Pour le premier vice-président du Sdf, «d’après le discours (adresse à la nation du 31 décembre 2013, Ndlr) c’est plutôt M. Biya qui fait le constat d’incapacité à gouverner le Cameroun et lance une invite à l’opposition de venir l’aider à gouverner le Cameroun.» Le Sdf fait-il partie de cette opposition ? Une situation qui rappelle à s’y méprendre l’attitude du parti de Ni John Fru Ndi à la veille des élections sénatoriales qui se sont tenues au mois d’avril 2013.


Joseph OLINGA N.

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