Economie

Economie: L’avenir du Franc CFA dépend des pays africains selon Michel Sapin, Ministre français des Finances et des Comptes Publics

Bien que le sujet ne soit pas inscrit au programme de la réunion des Ministres des Finances, l’avenir du Franc CFA constitue le principal centre d’intérêt au sein des pays membres de la Zone Franc. Ils étaient réunis à Yaoundé, le 9 Avril 2016, dans le cadre de leur rencontre semestrielle pour faire le point sur la situation économique et les réformes en cours au sein des pays membres de la Zone Franc.

Sur la question de l’avenir du Franc CFA, Michel Sapin, Ministre français des Finances et des Comptes Publics a déclaré que la Zone Franc est une «zone des africains, pour les africains. Toute décision sur son avenir appartient d’abord aux pays africains membres. La France est là pour les accompagner en garantissant la parité du Franc CFA. C’est la décision des pays africains qui s’impose et non celle de la France». Cette déclaration a été faite à la fin d’une audience au Palais de l’Unité, où ce dernier a eu un entretien avec le Président de la République, Paul Biya.

C’est depuis la réunion des Ministres des Finances de la Zone Franc, tenue à Paris au mois d’octobre 2015, que le débat autour des accords de coopération monétaire signés par la France et les Etats africains de la Zone Franc a pris une autre tournure. A cette rencontre, le Ministre français des Finances et des Comptes Publics a clairement déclaré que son pays était prêt à rediscuter les termes de ces accords. «La France est entièrement ouverte à toutes les discussions. Tous les pays-membres de cette zone monétaire sont libres et indépendants. Ils peuvent donc demander à rediscuter les accords monétaires qui les lient à la France. Rien n’est figé ni tabou», confiait alors Michel Sapin.

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Depuis ces déclarations, aucun débat n’a été officiellement initié par les pays africains au sujet de l’avenir du Franc CFA qu’ils ont en partage. Il est bon à savoir, que la coopération monétaire entre la France et les pays africains de la Zone Franc repose sur quatre principes. L’un d’eux est la centralisation de 50% des réserves de change des pays membres dans un compte d’opérations ouvert dans les livres du Trésor Français. Dans une interview accordée à Cameroon Tribune l’année dernière, l’ancien Gouverneur de la BCEAO, Charles Konan-Banny, expliquait que «la France s’oblige premièrement à garantir la parité de notre monnaie (FCFA) et deuxièmement à fournir des devises pour le cas où il en manquerait. Si on manque de devises, la France nous en fournit sans conditions».

Au regard de la position officielle de la France sur ces accords de coopération monétaire, la balle est désormais dans le camp des Etats africains. Choisir de sortir de la Zone Franc suppose pour ces pays, de disposer au préalable d’une alternative offrant outre les avantages passés, des privilèges supplémentaires. Cela veut dire accélérer le processus de création d’une monnaie unique africaine. Un projet dont la réussite repose davantage sur la volonté politique. Cette même volonté qui guide le choix actuel de ces pays à poursuivre la coopération monétaire avec la France.

Onana N. Aaron

 

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