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Cameroun – Droit d’auteur: Ama Tutu Muna et Sam Mbende se parlent

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Inédite. C’est en ces termes que les collaborateurs de la ministre des Arts et de la culture ont qualifié la présence de Sam Mbende au cabinet d’Ama Tutu Muna. Le président de la Cmc, à la demande du ministre a accepté pendant son séjour au Cameroun, de répondre à l’invitation. Signe des temps, les rapports radicaux et tumultueux entre les deux fortes personnalités commencent à se décrisper. « En bon républicain, je me devais de répondre à l’invitation de la ministre. De par sa qualité de membre du gouvernement, elle représente l’Etat. L’invitation était emprunte de courtoisie et du sens assez élevé du respect humain», avoue Sam Mbende. De poursuivre dans la confirmation de la rencontre, que celle-ci a été parfumée d’une grande cordialité. «C’était un entretien constructif. Nous avons eu des échanges et des pourparlers francs» affirme le père de «Rosita».
Plusieurs fois annoncée, mais jamais aboutie, la rencontre entre Sam Mbende et Ama Tutu Muna qui jusqu’à il y a quelques mois, s’évitaient, se parlant à distance, dans une musique faite de sons discordants et des accords imparfaits, a donc finalement eu lieu hier en début d’après midi, au cabinet du ministre des Arts et de la culture. Après la cérémonie d’installation des responsables récemment désignés à la tête des comités en charge d’une part, du redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur de la catégorie B et d’autre part, de la Normalisation de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au Cameroun, le tête à tête entre les deux hautes personnalités, qui ont choisi de mettre de côté leur ego surdimensionnés, pour fumer le calumet de la sagesse, peut-il augurer des perspectives nobles et digestes, pour des lendemains positifs dans le droit d’auteur ; principalement dans l’assainissement et la saine gestion en interne au sein des organismes civils de gestion collective ? Nouvellement élu sur le toit du droit d’auteur africain, Sam Mbende peut-il être d’un apport à Ama Tutu Muna ; qui affiche sa détermination et sa volonté de tordre le cou aux dysfonctionnements récurrents observés dans le secteur depuis le début des années 2000 ; lesquels constituent des goulots d’étranglement et un véritable frein à l’épanouissement total de la communauté artistique.Après la pluie, le beau temps…

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En l’état où, tout va dans tous les sens, dans le droit d’auteur de l’art musical, un comité ad hoc de redressement, chargé de protéger et de sauvegarder les intérêts des créateurs de l’art musical peut permettre de souffler, ou d’aboutir l’assainissement et la création d’une kyrielle de reformes profondes, pouvant permettre de repartir sur de nouvelles bases. Pis dans sa mission plus large dont l’objectif est de conduire à un système plus efficace permettant à l’ensemble des acteurs de travailler avec les mêmes règles, en vue d’améliorer la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur dans notre pays, le Comité de normalisation de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au Cameroun est capable d’insuffler une saine émulation. La rencontre tant attendue qui s’est déroulée dans un esprit de probité et d’éthique, peut permettre de mettre un terme à certaines pratiques qui ont cours depuis bien longtemps et qui se perpétuent d’année en année.

«Nous avons échangé dans un cadre strictement privé. Il ne me revient pas de dévoiler dans les colonnes des journaux la quintessence de ce tête-à- tête avec un ministre de la République» clame Sam Mbende. En mémoire les rapports entre Ama Tutu Muna et Sam Mbende, se sont profondément détériorés, il y a près de six ans, suite aux décisions du ministre de la culture du 12 mai 2008 de l’époque, date de retrait de l’agrément de la Cmc et celle du 15 mai portant création d’un comité Ad Hoc chargé d’organiser les nouvelles élections à la Cmc. Sam Mbende avait alors décidé ne jamais siéger dans un conclave où, l’on parle de la Socam. Les temps ont évolué. L’abondante référence à l’organisme de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur de la catégorie B; le refus par Ama Tutu Muna de désigner la société civile camerounaise de gestion collective du droit d’auteur de l’art musical (Socam) pour ne pas braquer, ni châtier certaines sensibilités et susceptibilités a atténué et favorisé ledit rapprochement. Il est des moments où, malgré les désaccords et les passes d’armes, les hirondelles parviennent à se retrouver… Pour entonner le chant et battre la musique qui annonce le printemps.


Souley ONOHIOLO

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