La forte propension de la population à la consommation d’alcool peut devenir un frein au développement du pays. Dans un rapport intitulé « l’alcool et ses conséquences sociales: la dimension oubliée», l’Organisation mondiale de la santé (OMS), relève que «l’alcool est l’une des causes de nombreuses situations sociales défavorables pour les individus et la société.» Selon ce rapport, de nombreuses études démontrent que «l’alcool est considéré comme une cause importante de comportement déviant, qui va de l’atteinte à l’ordre public jusqu’à de graves menaces à l’ordre et la sécurité.

Cela est largement reconnu par la population, la police, le système de justice pénale, les autorités sanitaires, les soignants, les autorités communales, les services sociaux et les employeurs.» La libéralisation et la déréglementation dans les domaines de la densité du réseau des débits de boissons et des heures d’ouverture de ceux-ci sont de nature à entraîner une augmentation des perturbations de l’ordre public liées à l’alcool et des menaces contre la sécurité, dont les coûts et le fardeau devront être supportés par les contribuables et l’ensemble de la population. En effet, la consommation d’alcool et en particulier la consommation excessive peuvent avoir des coûts importants pour la société. Par rapport au tabac et aux drogues illégales, l’alcool est manifestement plus «coûteux» en ressources affectées aux mesures de lutte contre les conséquences négatives d’une consommation excessive.

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Le coût de la consommation d’alcool peut être reparti en coûts directs (santé, système judiciaire, protection sociale, dommages matériels), et coûts indirects (décès prématurés, morbidité et chômage). L’OMS indique que l’alcool est le 3eme facteur de risque de morbidité dans le monde. La consommation entraîne 2,5 millions de décès chaque année. 320 000 jeunes gens âgés de 15 à 29 ans meurent dans le monde de causes liées à l’alcool, qui représentent 9% de la mortalité totale dans ce groupe d’âge. L’alcool est associé à de nombreux problèmes sociaux et développementaux graves: violence, maltraitance ou négligence des enfants, et absentéisme sur le lieu de travail. La consommation nocive d’alcool est un problème mondial qui compromet autant le développement social que celui de l’individu. Au-delà de nombreux effets sur la santé, les coûts résultant des effets de la consommation d’alcool sur le travail sont beaucoup plus considérables.


En premier lieu, les décès prématurés dus à l’alcool ont des coûts, car tout décès d’un travailleur avant l’âge de la retraite représente une perte de productivité. En outre, le chômage supplémentaire et l’absentéisme, ainsi que les accidents du travail et la réduction des performances professionnelles dus à l’abus d’alcool contribuent au coût total de la consommation d’alcool pour la société. D’après des études internationales compilées par l’OMS, les coûts sociaux de la consommation d’alcool sont compris entre 1 et 3% du produit intérieur des pays développés. Au Cameroun, les chiffres officiels montrent un déficit de 102 milliards de Fcfa pour le système de protection sociale, alors que les conséquences de la consommation excessive actuelle d’alcool ne se font pas encore ressentir. Autant dire que la situation sera plus grave dans une quinzaine d’années lorsqu’il faudra supporter les maladies liées à la consommation d’alcool. Au-delà des aspects louables de création d’emplois, de recettes douanières et fiscales, l’activité brassicole charrie donc des dangers multiples pour les individus et la population.

[via] Philippe nsoa