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Cameroun: Boko Haram – Le sous-officier qui écrivait à Aboubakar Shekau

Brahim Menoumour, un sous-officier de l’armée est accusé d’avoir voulu provoquer un attentat à la mosquée principale de Garoua. Bahim Menoumour interpellé le 18 septembre 2015 à la mosquée de Poumpoumre à Garoua est apparu très détendu au Tribunal militaire de Garoua le 3 août dernier. Il est descendu du camion cellulaire sans les menottes. La séance du jour était consacrée aux réquisitions du procureur et aux plaidoiries de la défense. A l’appel de son nom, l’accusé s’est dirigé nonchalamment à la barre.

Celui qui était sergent chef en service à l’état major de l’armée de terre au moment de son arrestation était pour l’occasion vêtu d’un sobre ensemble djellaba de couleur crème. Dès sa prise de parole, la représentante du ministère public a rappelé les griefs retenus contre l’accusé. Cinq au total. Le plus grave étant la tentative de commission d’un acte terroriste. Ce procureur a exposé que, au moment de son arrestation, le sergent chef était sur le point de commettre un attentat visant un meurtre

de masse. « Il a choisi ce jour et cet endroit où des milliers de fidèles se rassemblent pour sacrifier au rituel religieux le vendredi ». La magistrate explique que, dans la voiture dans laquelle l’accusé a été arrêté, il y avait « un arsenal de guerre qui ne laisse aucun doute quant à ses intentions ». Et d’énumérer: des explosifs, un couteau, cinq bouteilles remplies d’essence, une grenade offensive et quatre clés Usb. Lors de la perquisition au domicile de l’accusé on a retrouvé: 163 munitions de chasse et de guerre, deux boîtes chargeurs pour fusil Ak47, un lot de faux diplômes, de faux cachets et une paire d’épaulettes du grade de sous lieutenant. Tous ces scellés ont été examinés. Le contenu des clés Usb selon le procureur était édifiant de ce que Brahim Menoumour était un membre de Boko haram. « Il a écrit à Shekahu », s’est écrié le procureur. Outre ses lettres au leader de la secte il y avait aussi des images d’atrocités de la secte. « Nous les avons projetées et l’assistance n’a pas pu supporter de voir un bout de film pourtant il y en avait plusieurs » a-t-elle déclaré.

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Elle a aussi décrit les pratiques de faussaire de l’accusé qui « possédait un acte de naissance vierge ». Le ministère public a requis sa condamnation. Promu en détention L’avocat de Brahim M. a été moins disert lors de sa plaidoirie. « Quand j’ai appris que je devais défendre ce monsieur, j’ai d’abord cru qu’il était atteint de troubles psychiques », a déclaré Me Nyamsi. L’avocat dit avoir changé de perception à l’étude approfondie du dossier de son client. Il en a déduit que celui-ci était quelque peu un héros. « Il a été promu au grade d’adjudant alors qu’il était en détention », a-t-il fait observer. Pour lui, son client est l’un de ces nombreux combattants de l’ombre de Boko haram. Il a aussi réfuté les accusations de faux. « Mon client peut justifier tous les actes saisis en sa possession ». Brahim Menoumour, ancien du Bir avait défrayé la chronique au plus fort de la lutte contre Boko haram. Courant 2014, il arpentait les couloirs de certains médias et de bureaux à Yaoundé. Né le 7 novembre 1978, il était présenté comme le sultan de Kobro : un fantomatique royaume des abords du lac Tchad, dans le département du Logone et Chari.

Chez des confrères qui lui avaient ouvert micros et colonnes, il clamait qu’il allait « ramener la tête de Shekahu dans un sac au chef de l’État. Dans son français châtie, Brahim écumait les studios de radio et télévision de la capitale pour vanter sa connaissance de Boko haram. Pendant des semaines il a tenté de se faire recevoir par le chef de l’Etat. Le 11 juillet 2014, il s’est plutôt fait cueillir par des policiers. Après quatre heures d’interpellation, il a été relâché et serait parti de Yaoundé le 19 juillet 2014. Il ne va refaire parler de lui que le jour où il est découvert dans un lieu de grande affluence avec des explosifs « de fabrication artisanale et sans détonateur », selon l’enquête. Brahim Menoumour est-il un terroriste, un héros ou un simple fou mythomane? Le Tribunal militaire de Garoua a mis l’affaire en délibéré et devra se prononcer le 7 septembre prochain.

Sources : 237online.com – Tous les articles

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