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Bétaré Oya : La passe à 300 F.cfa

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Les prostituées centrafricaines envahissent la petite cité minière. Depuis le déclenchement de la crise centrafricaine en mars 2014, la région de l’Est accueille un grand nombre de fugitifs. Plusieurs ont déposé leurs valises dans la petite ville minière de Bétaré Oya. Si les hommes ont opté pour le vol, cambriolage, braquage comme moyen de survie, les femmes ont jeté leur dévolu sur le plus vieux métier du monde .Tous les jours en début de soirée, les jeunes filles de nationalité centrafricaine prennent d’assaut les bars et autres buvettes de la ville.

Habillées en tenues qui exposent les parties intimes du corps, elles ne se font pas prier pour aborder tout passant. « Elles viennent vous faire la proposition. Elle vous aborde comme si elle prenait votre commande, et en profite pour vous glisser des mots à l’oreille », explique Séverin Moussa, le gérant d’une buvette. « Elles laissent parfois les entre jambes visibles pour vous séduire, et même les hommes les plus résistants cèdent », ajoute Freddy Mbal, un habitué des lieux .

 

L’esplanade de l’hôtel de ville de Betaré-Oya est l’autre point d’afflux. Débout sur l’espace gazonné, elles y sont tous les soirs par centaine : « Celles qui sont amorties sont à l’hôtel de ville, elles attendent sur place ». Les prix d’une passe varient en fonction du milieu et de l’âge. Pour les plus jeunes qui s’exhibent dans les buvettes, il faut débourser 1000 F.Cfa.

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Alors que pour celles qui sont amorties par le poids de l’âge et qui se trouvent à l’hôtel de ville, le prix varie entre 300 et 500 F.Cfa : « Généralement, tout dépend de la fraicheur du produit qu’on a en face. Mais à l’hôtel de ville c’est moins cher parce qu’elles sont vieilles alors que celles qui mettent en exergue leur jeunesse exigent 1000 F.Cfa », précise Eden Nyanga, un habitué des lieux.

L’activité est prospère au point où le nombre des clients augmente au quotidien : « On n’ a pas de formation professionnelle, pas d’activité génératrice de revenu mais nous avons des obligations financières qui nous interpellent au quotidien », indique une prostituée qui requiert l’anonymat. Notre interlocutrice ajoute : « On n’a pas le choix malgré les risques que nous courrons, on fait avec ».

La présence de ces filles centrafricaines a une incidence négative sur le comportement des jeunes filles camerounaises : « Leur présence ici affecte nos enfants qui ont tendance à se lancer dans la piste du gain facile en vendant leur corps », martèle sa Majesté Moussa Kombo, chef du village Malhi. Face à ce fléau qui affecte les jeunes camerounais, les autorités locales ont décidé d’engager une lutte contre le commerce du sexe dans la petite ville minière de Bétaré Oya. Fréquemment, les forces de l’ordre quadrillent les lieux de repère de ces prostituées.

« Certes, il est difficile d’éradiquer la prostitution dans une localité comme la nôtre à cause de l’activité minière intense. Mais nous allons combattre ce commerce honteux jusqu’à le réduire à sa plus simple manifestation à Betaré-Oya », s’engage Simon  Est-il, le sous-préfet de Betaré-Oya.

Charles Mahop

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