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Cameroun: Attention, parents tortionnaires !

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Des cas de punitions qui virent à la torture défraient la chronique.« Je m’appelle Mariama. J’ai 7 ans. Mon père m’a brûlé les parties génitales parce que je fais pipi au lit toutes les nuits ».  « Moi c’est Alex, 4 ans. Maman m’a tranché le sexe pour attirer l’attention de Papa ». « Judith, 9 ans. Ma mère m’a repassé les doigts parce que j’avais pris 100 F sans demander ».

« Je suis Emmanuel, 10 ans. Après une copieuse bastonnade, papa m’a oint les parties génitales avec du piment écrasé ». Ainsi, des enfants sont privés de nourriture des jours durant pour avoir mangé un morceau de viande ou de poisson de plus dans la marmite. D’autres sont enchaînés comme des chiens ou attachés à un arbre, d’autres encore enfermés dans un placard obscur ou dans un congélateur, pour une bêtise, une broutille commise dans l’innocence de l’enfance. Ou alors même pour payer à la place des autres. L’autre parent ou les problèmes au travail.

La liste de ces cas de sévices corporels, recensés au Cameroun ces derniers jours et pas toujours mis au grand jour est longue comme un jour sans pain. Tellement l’imagination des parents est devenue débordante dans le domaine de la correction de leurs enfants. Certains ont fait les choux gras de la presse, d’autres pas. Toujours est-il que chaque jour, sous les toits, les enfants vivent des atrocités dans ces lieux et de la part des personnes qui sont censés les protéger.

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L’époque est révolue, où un enfant gardait le coin pendant que ses frères s’amusaient, se voyait priver de sortie, plantait les choux, recevait quelques coups de ceinture ou de la main sur le derrière, se mettait à genoux les mains sur la tête pendant cinq minutes, était privé de télé, etc. on dirait même qu’inconsciemment, des parents se sont lancés dans une compétition pour voir qui serait le plus dur dans ses punitions. Et les chroniques dans les journaux, les échos de ceux qui se retrouvent en prison ne semblent pas arrêter les adeptes des punitions inhumaines.

On serait tenter de dire que chaque enfant est unique et a son style de bêtises ou de fautes bien à lui, mais ces brutalités, ces atrocités que les parents commettent de plus en plus ces derniers temps ne cachent-elles pas autre chose ? Ne sont-elles pas plus un aveu d’incapacité, de faiblesse, d’échec, face à la charge que constitue l’éducation d’un enfant ? D’autres parents, généralement choqués par ces actes de cruauté, voient derrière un lien avec des cercles exotériques ou des sectes machiavéliques. « Aucun parent normal qui aime son enfant ne peut supporter de le faire souffrir, car la punition doit aider un enfant à comprendre ce qu’il a fait de travers. Elle n’est donc pas là pour détruire sa vie », lance Josette Kamga, révoltée par les atrocités relayées par les médias ces derniers jours.

Pourtant, ces parents restent conscients des conséquences néfastes que ces actes peuvent avoir sur la santé et même l’avenir entier d’un enfant ainsi torturé, puisque certains prennent la fuite après. Surtout qu’il y a toujours des solutions pour faire revenir un enfant, même le plus récalcitrant, à la raison. Il y a toujours un moyen de faire régner l’amour et le respect, sans instaurer la peur dans la demeure.

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

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