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8 mars, la fête des femmes ou fête des femmes qui souillent l`humanité ?

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Aujourd’hui, c’est le 8 mars, journée internationale de la femme qu’on appelle même la fête de la femme. Une journée attendue par les féministes avec impatience, je me demande si elles ne commencent pas le décompte dès le réveillon.

Au Cameroun le 8 mars, les femmes désertent leurs postes pour se retrouver et faire la fête: chanter, danser, se prostituer pour certaines, habillées de l’uniforme. En effet au Cameroun, chaque journée a son pagne dédié et un thème national. C’est l’occasion de parler de tout sauf des violences faites aux femmes et de leurs conditions etc… aussi de se saouler la gueule. Les femmes sont les proies rêvées ; elles ont été violées, battues si ce n’est mariées de force à ces va-nu-pieds qui prétendent appliquer la charia et parfois déplacées soit au du Cameroun ou dans les pays limitrophes vivants dans des conditions inqualifiables.

Le thème international pour cette journée est bien choisi et il me satisfait «Planète 50-50 d`ici 2030 : Franchissons le pas pour l`égalité des sexes. Les défis du millénaire sont bien nombreux et variés, mais je ne peux m’empêcher de faire la grimace quand je vois les défenseurs de la cause féminine se perdre dans des débats autour de la non représentativité des femmes au niveau politique, à la tête des entreprises, dans les postes importants , ils en oublient ces pauvres femmes rurales qui travaillent comme des forcenées pour faire vivre leur famille. Quand on me parle de l’émancipation dont les femmes ont besoin, je ne dis point NON. Ce n’est pas cette recherche frénétique de l’égalité des sexes, au risque de m’attirer les foudres des dragons du féminisme qui crient à plein poumon « égalité entre les sexes » avant de s’embarquer dans les luttes pour l’éducation, la représentativité des femmes dans les instances gouvernantes, faisant le tour du monde à se réunir dans des conférences et des colloques de tout genre. Au Cameroun comme dans plusieurs pays d`Afrique, les femmes continuent à se battre pour leurs familles faisant du petit commerce, passant la journée au marché à vendre à la sauvette des petites marchandises.

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Quelques-unes arrivent à se faire une place dans ce domaine fortement masculin. C’est quand je vois ces vieilles femmes dans les poubelles à Douala, cherchant les plastiques et des bouteilles vident d`eau minérale qu’elles revendent ensuite que j’ai envie de m’indigner, pire me révolter : ces associations féminines ne vont pas me dire qu’elles ne les voient pas alors qu’elles opèrent au centre-ville ! Nos traditions sont tenaces ; c’est vrai , elles réduisent les femmes à leur rôle de ménagère et de reproductrice. Oui il faut œuvrer pour l’alphabétisation de la petite fille, mais il faut aussi faire quelque chose pour celles qui ne sont plus à cette étape, qui ont besoin d’assistance pour améliorer leur vie. A Douala, les petites filles vont à l’école en même temps et d’ailleurs à la même heure -l’aube- que les petits garçons. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour féliciter ces femmes qui ont résisté avec dignité. Mais il ne faut pas oublier les victimes des coups de fouets, des mariages forcés avec les occupants. En effet, certains parents ne voyaient que les milliers d’euros que possédaient ces candidats au mariage d’un jour.

Je pense notamment à cette fillette qui vient d`interdire à son papa d`assister à la réunion du RDPC , parti politique au pouvoir. Réunion au cours de laquelle ces derniers vont demander à Paul Biya de se porter candidat à l`élection présidentielle de 2018. Je n’ai pu mot dire quand j’ai vu cette jeune fille demander à son père de se joindre à son épouse pour fêter le 8 mars dans la tranquillité sans ces grandes manipulations du RDPC. Raisons ? Rendre hommage aux femmes du norddu Sud, de l`Ouest, de l`Est ! Ces femmes qui souffreent en silence, maintenant que c’est possible pourquoi ne pas parler ? C`est l’occasion de permettre à ces femmes de retrouver la liberté, de pouvoir chanter, danser dans un lieu public, de porter ces habits en basins riches qu’elles affectionnent, se maquiller, se parfumer, se défouler.

Au Cameroun, où l’Etat tarde à se montrer ouverte aux revendications des femmes, le 8 mars sera un jour comme les autres et elles ne seront mêmes pas que la journée leur est dédiée car n’ayant l’électricité ,l`eau que quelques heures en plusieurs jours, n`ayant l`argent pour fêter que le 8 mars avec très souvent le pagne de la cérémonie acheté à crédit.. Ayant simplement le pagne du RDPC, parti au pouvoir, offert gratuitement pour l`évènement. A condition de chanter les louanges d`un chef d`Etat, décidé de mourir au pouvoir.

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