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Camair-co : un plan de relance ambitieux pour éviter le crash

Ethiopie-camair-co-Cameroun

Le transporteur national s’est doté d’une feuille de route qui aiguille ses objectifs. Le diagnostic est du directeur général lui-même : Camair-Co souffre d’une instabilité organisationnelle, dispose d’une flotte insuffisante et n’a pas su maîtriser les charges face à l’accroissement de l’endettement.

«Les charges de carburant s’élèvent à 7,4 milliards de Fcfa et représentent 70% du chiffre d’affaires en 2014», relève le plan de relance de la compagnie. Ce document indique également que, du fait du manque de contrôle exercé sur l’activité et le prestataire, les charges de catering (commissariat) culminent à plus de 991 millions de Fcfa ; quant à celles liées à l’assistance au sol et à la maintenance des avions, elles plafonnent respectivement à 3,129 milliards de Fcfa et à 1,567 milliard de Fcfa notamment à cause de la sous-traitance des travaux de maintenance.

«On va réduire les coûts de maintenance en ouvrant à nouveau les ateliers de roues et freins, de structures etc. rien que les roues et freins nous coûtent un milliard de Fcfa par an. A côté de cela, le volet réservation des billets, la comptabilité et d’autres secteurs qui nous coûtent chers parce qu’ils étaient encore sous-traités à des tiers, seront également réduits», explique Jean-Paul Nana Sandjo.

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Car, en 2014 par exemple, les charges de l’entreprise sont passées de 85% de prévisions à 242% d’exécution en 2014. Ceci qui a conduit à l’élaboration d’une stratégie assise sur le retour à l’équilibre en sortant progressivement de la subvention, grâce à la réduction des charges et au renforcement de la productivité ; ensuite, l’extension du réseau domestique et l’ouverture sur l’international notamment les lignes Paris, Dubaï et la Chine. Cela passe par l’acquisition de six avions soit quatre pour le transport des passagers et deux pour le cargo. Seulement, on remarque que ces avions consomment plus de carburant. «On va prendre un Boeing 767 pour la ligne de Paris, trois 737-300 ou 400 pour faire les autres lignes. Les 737 qu’on prend consomment peut-être plus, mais en termes de rentabilité, d’amortissement et d’efficacité, on gagne plus vite ; et en plus, avec le prix d’un avion de dernière génération, on en achète trois. Donc réduction des coûts et gains sur la durée», fait observer le Dg.
 
Le renforcement de la flotte passera également par le doublement des effectifs déjà pléthoriques. «Actuellement, nous sommes en sureffectif c’est vrai. C’est-à-dire que selon les standards, nous avons au lieu de 150 personnels en moyenne pour un avion, nous sommes à 225 ou 250. Ce qui est énorme. Mais si on se met dans la perspective des projets que nous allons développer, on va encore recruter davantage ; parce que pour faire fonctionner neufs aéronefs, il nous faudra 1350 employés suivant les standards», explique le Dg. Qui poursuit : «les 1350 personnels vont tripler le chiffre d’affaire actuel qui sera porté à 110 milliards de Fcfa sur un taux de remplissage de 57% sans subvention.»

Les conventions de financements de tous ces chantiers seront signées en début de semaine prochaine avec Ecobank. Elles portent sur un montant de 30 milliards de Fcfa. L’argent, au-delà des achats d’aéronefs, permettra de mettre en œuvre tous les chantiers de l’entreprise notamment l’ouverture des escales Malabo, Bangui, Dakar et Dubaï, des ateliers pour la maintenance. «Nous n’allons pas attendre que les avions arrivent pour y envoyer les gens ; mais on y envoie les gens avant et surtout les anciens de Camair bien qu’on dise qu’ils sont âgés et lourds», explique-t-il.

Sur le recrutement des anciens de la défunte Camair, le Dg indique qu’il s’agit d’un problème de productivité. «Nous avons un déficit structurel de 1,5 milliard de Fcfa parce que les charges sont de 4 milliards de Fcfa alors que les recettes sont de 2,5 milliards de Fcfa par mois. On s’est rendu compte que c’est le résultat du manque de compétences, les gens ne sont pas formés. Si on a besoin de faire des résultats, je dois prendre les gens qui sont opérationnels et non ceux qui sortent de l’école parce que la formation est primordiale dans l’aviation civile», souligne Jean-Paul Nana Sandjo.

© Source : Mutations

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