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Camair-Co: Le limogeage de Nana Sandjo en vue

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Une rencontre discrète a réuni la semaine dernière à Yaoundé le ministre des Transports – ministre de tutelle de Camair-Co, et le président de son Conseil d’administration, prêtant le flanc aux conjectures sur l’avenir de son directeur général à la tête de la structure. Au moment où des bruits de coulisses font état de l’interdiction de sortie du pays de Jean Paul Nana Sandjo.

Pour les observateurs avertis, le limogeage de l’actuel Dg de la Camair-Co ne constituerait en rien une surprise, tant son bilan est à l’abri de critiques et de récriminations. Et la rencontre entre Edgard Alain Mebe Ngo’o et Edouard Akame Mfoumou, en début de semaine dernière à Yaoundé, pourrait servir de balise à une déchéance attendue par une bonne frange de l’opinion nationale.

La suite, on l’imagine : la convocation d’un Conseil d’administration extraordinaire au cours duquel le Dg sera débarqué. Les érudits de la gestion d’entreprise attendaient le limogeage de Jean Paul Nana Sandjo depuis les tristes évènements de septembre 2015, après les violentes manifestations des passagers Camair-Coà la représentation de Yaoundé.

Manifestations cristallisées par l’incendie de pneus, en guise de représailles à la longue attente de deux semaines sans vol dans l’enceinte de la compagnie tant Douala qu’à Yaoundé. Malgré son maintien en poste, le bilan de l’actuel Dg est particulièrement peu reluisant. La rencontre entre la Pca et le ministre de tutelle, qui fonde les commentaires sur le départ programmé du Dg, intervient au moment où des informations alarmistes font état du blocage à Addis-Abeba du Dja – le principal avion de la flotte, pour commande non satisfaite d’une pièce mécanique, en vue de sa réparation.

Une situation qui contraint la compagnie à recourir presque permanemment au leasing, avec des pertes qu’on connaît. En somme, Camair-Co tarde, selon les chiffres de son exploitation, à rentabiliser son investissement, avec 4 de ses 5 aéronefs en sous-exploitation.

Restructuration

Même les actes de gestion ne rassurent guère quant à l’avenir de la compagnie que beaucoup voient compromis. On parle toujours d’un endettement colossal sous lequel ploie Camair-Co, avec très peu de lisibilité sur le règlement de cette ardoise. De l’intérieur, les mesures de redressement prises dans le cadre de sa restructuration en cours, n’affichent toujours pas de résultats probants.

En dépit du dégraissage du personnel, passant de près de 1.000 à environ 700 le nombre des employés, le salaire n’est pas des plus réguliers, le personnel accusant régulièrement de retards dans son paiement. Même la mise en service des 2 avions MA60 en grande pompe, ne semble pas combler toutes les attentes. Ainsi l’Etat voit s’effriter ses efforts consentis dans le cadre de la restructuration, sans grand changement, à l’instar des 25 milliards de FCFA d’emprunts contractés auprès de certaines banques en vue d’équilibrer les comptes de l’entreprise.

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La gestion de ce pactole aurait contribué à décrédibiliser la gestion de Nana Sandjo, des cancans faisant état du paiement privilégié de son entreprise, elle-même prestataire auprès de Camair-Co, à hauteur de plusieurs milliards de FCFA. Toujours est-il que toutes ces critiques et récriminations interviennent au moment où des bruits de coulisses à l’intérieur de la maison Camair-Co, font état de l’interdiction de sortie du pays du Dg. Info ou intox ? Selon les analystes, les arguments ne manqueraient pas pour justifier la mise à l’écart de Nana Sandjo de la Camair- Co, tout le monde connaissant le prix voire l’importance que le chef de l’Etat Paul Biya accorde à la remise en forme de la compagnie nationale de navigation aérienne, et la détermination affichée de Mebe Ngo’o à donner de la visibilité à cette volonté politique.

Embarras

Toutefois, pour des infiltrés du ministère des Transports – Edgard Alain Mebe Ngo’o, ne serait pas très favorable au limogeage actuel de Nana Sandjo, qui ferait alors suite à celui de Pierre Tankam à la tête de la Ccaa – l’Autorité aéronautique nationale du Cameroun, le mois passé. Selon ces observateurs, le limogeage de Nana Sandjo afficherait Mebe Ng’o comme tombeur des Dg Bamiléké, alors même que le limogeage de Pierre Tankam est loin d’avoir soldé ses incongruités. En attendant de connaître le nom d’un éventuel remplaçant de Nana Sandjo à la tête de la Camair-Coau terme de la rencontre du duo Mebe Ngo’o -Akame Mfoumou.

Ce qui est en cause dans la mise à l’écart de l’ancien Dg de la Ccaa, c’est moins son limogeage que son remplacement. Et pour cause, il a été succédé non pas par un autre ressortissant de la région de l’Ouest, en respect à la politique de l’équilibre régional qui gouverne les nominations, même pas par un ressortissant d’une autre région, mais par sa « soeur » du Sud, Mme Assoumou. Une situation qui irriterait, au-delà de ressortissants du grand Ouest, ceux des autres régions du Cameroun et notamment de la grande famille Beti, qui voient dans ce remplacement une volonté manifeste du « pays organisateur » de confisquer les postes juteux de la République.

Surtout que la nomination de Mme Assoumou à la direction générale de la Ccaa a créé une situation sui generis avec le directeur général et le ministre de tutelle, ressortissant tous deux ressortissants de la même région. Du rarement vu au pays de Paul Biya.

Nestor DJIATOU

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