Economie

Camair-CO : L’agonie d’’un gouffre à milliards

L’unique compagnie aérienne du Cameroun bat de l’aile depuis des décennies s’enlise dans un gouffre financier qui engloutit des milliards de l’Etat. Rotations permanentes mouvementées des Directeurs généraux (Dg) qui finissent leur course dans les prisons, changement de nom, achats ou locations tumultueuses des appareils dont l’entretien est confié aux réseaux maffieux, subventions aveugles en centaines de milliards de l’Etat, avec à l’arrivée une compagnie en éternel état de léthargie profonde, qui semble incapable de se régénérer pour empêcher sa définitive dégringolade en enfer.

Les décennies passent, les hommes changent à sa tête et les initiatives de l’Etat visant à sortir la compagnie se succèdent. Mais, comme par enchantement, la volonté de reconquérir le prestige d’antan s’évanouit à chaque tentative dans un océan d’illusions. Force est de constater que les séquelles de longues décennies d’une gestion criminelle, ne permettent pas de sauver l’image d’une compagnie qui était la plaque tournante du trafic aérien dans toute la sous-région d’Afrique Centrale dans les années 80.

Pour de nombreux observateurs, la longue agonie de la Camair-Co, comme d’autres sociétés et compagnies d’Etat précipitamment privatisées, est le fait de les avoir cédées aux multinationales et administrateurs expatriés mercenaires, prétendus faiseurs de miracles, qui recherchent et protègent en priorité leurs intérêts. A titre d’illustration, les cas d’Eneo, Camwater et autres, jadis fleurons enviés de  l’économie camerounaise, aujourd’hui dans la tourmente.

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Comment retrouver le prestige ?

Si les efforts du chef de l’Etat visant à redonner une crédible stature internationale à la compagnie aérienne sont louables et devraient être encouragés, il est difficile de prévoir à long terme, leur impact dans sa définitive restructuration. La prolixité des missions et engagements du gouvernement pour l’avènement d’un Cameroun émergent en 2035, pourrait-elle continuer de permettre à l’Etat de maintenir la compagnie sous respiration artificielle à travers le déblocage des centaines de milliards qui mèneraient à un cul-desac ?

Dans un contexte politique figé ne permettant pas d’entrevoir avec grande sérénité  l’avenir du pays, envisager le retour de toutes les sociétés privatisées dans le giron national comme le souhaite une large opinion, serait pourtant un risque utile que le régime ne pourrait pas facilement prendre, au risque d’être surpris par une soudaine et violente explosion qui deviendrait incontrôlable.

Comme Camair-Co, le futur des sociétés privatisées dont le fonctionnement positif ou négatif a des répercussions directes au sein de toutes les couches sociales, pourrait dépendre de l’avenir de Paul Biya au sommet de l’Etat. Garant des institutions étatiques, il peut décider de la remise à plat de tout, pour repartir de zéro, ou de la continuité de ce qui apparaitrait aux yeux de ses compatriotes, comme  une navigation à vue.

Sources : Le flux rss de camer.be

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