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Camair-Co en proie à plus de 70 contrats fictifs, responsables de sa défaillance

camair-co-Cameroun

Les contrats mirobolants des pilotes immigrés seraient pointés du doigt comme l’un des handicapes à la relance de «l’Etoile du Cameroun». Signés sous la direction successive de Van Elk, Matthijs Boertien et Mbotto Edimo, ces contrats seraient la cause de la défaillance de l’entreprise. D’après le quotidien La Nouvelle Expression, édition du vendredi 21 août 2015, Camair-co est liée à, «150 contrats dont plus de 70 sont  fictifs». Parmi ces contrats, les plus acerbes sont ceux des aéronefs et des pilotes. 

En effet, souligne le journal, dès le lancement de la compagnie, les critères de recrutement fixés par le directeur général en la personne de Van Elk sont problématiques. En fait, le décret 2006/293 du 11 septembre 2006 créant Camair-co prévoit en son article 8, le recrutement prioritaire des agents de l’ex Camair. Pourtant, la réalité est tout autre. Contre toute attente, l’équipe conduite par Monsieur Alex Van Elk ne va recruter en partie que les nouveaux pilotes  sans la moindre expérience.

De même, précise La Nouvelle Expression, les conditions sont montées de toutes pièces pour écarter les pilotes locaux. Les quelques pilotes camerounais, anciens de la Camair, ont été recrutés sous la pression des syndicats. De plus, alors que les pilotes immigrés  sont recrutés sans consultation de la tutelle, ceux-ci sont tout aussi inexpérimentés. Par conséquent, ils vont bénéficier des formations les qualifiants aux Boeing et ceci entièrement pris en charge par la compagnie nationale. « Le cas de l’espagnol Eduardo Fairen Soria est assez indicatif. Sa qualification comme pilote de  Boeing  767-300 va coûter près de 18 millions  à la compagnie », indique le journal.

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Au-delà de ces recrutements fantaisistes, la marge salariale entre les deux catégories, pilotes locaux et immigrés est aussi  surprenante. Un tour sur les contrats des pilotes immigrés proprement dit,  laisse transparaître une marge assez scandaleuse.

En effet, La Nouvelle Expression souligne que pendant qu’un commandant de bord instructeur de nationalité Camerounaise gagne autour de 2 500 000Fcfa, ceux immigrés fournis par la société Parc Aviation Limited ont respectivement 5.248.000 Fcfa pour le commandant de bord instructeur. Le commandement de bord encadreur en vol  perçoit quant à lui 4. 920. 000 Fcfa. 4.592.000 Fcfa et 2.296.000 Fcfa, respectivement pour le commandant de bord et le copilote. Des montants qui connaissent 618.420 Fcfa de surplus.

Pendant près de trois ans, la compagnie a  déboursé ce surplus pour les 14 pilotes immigrés  recrutés. Ce qui fait près de 333.946.800 Fcfa  perdu pendant  toutes ces années. Ces contrats jugés inopportuns et coûteux par le Syndicat des Travailleurs des Transporteurs Aériens,  restent un poids lourd sur le fonctionnement de la compagnie aujourd’hui, souligne le journal.

Selon le quotidien, la nouvelle direction a tout le mal du monde à démanteler ce réseau très solidement ancré. Il indique par ailleurs que selon des informations introduites, les syndicats n’entendent pas lâcher prise. Et envisage-même d’ester en justice. Des rebondissements en perspective.

Onana N. Aaron

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