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Clandestinité: Le calvaire des joueurs africains en Europe

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Seulement 0,01% parmi ces Africains parviennent à intégrer des clubs européens, selon une étude menée par l’ONG «Foot Solidaire» qui œuvre dans l’encadrement des joueurs. Ils sont plus de 20 000 jeunes mineurs dont 6 000 sportifs qui partent du continent africain pour l’Europe chaque année. Les statistiques produites par l’association «Foot solidaire», une ONG qui milite dans l’encadrement des jeunes footballeurs.

«Au sein de notre association, on a dénombré 15 000 jeunes qui sont partis de l’Afrique de l’Ouest pour l’Occident en 2013. Ces derniers avaient tous moins de 18 ans d’âge. Cependant, ils sont au moins 14 580 footballeurs mineurs qui partent de cette partie de l’Afrique à l’exception du Cameroun et du Nigeria, pour l’Europe chaque année», révèle Jean Claude Mbvoumin, le fondateur de «Foot solidaire». Si les statistiques ci-dessus évoquées n’intègrent pas le nombre de jeunes Camerounais qui partent pour l’Europe, l’ONG note néanmoins que près de 48 000 jeunes footballeurs recensés à Paris, la capitale de la France, viennent du Cameroun. Cependant, ces jeunes qui sont en quête de réussite, peinent à intégrer les clubs européens. La chaine de télévision «Eurosport» à travers la parution d’un article en date du 08 décembre 2015 via son site internet, a indiqué que 70% des jeunes footballeurs africains échouent en Europe. «La grande majorité des jeunes footballeurs africains qui tentent leur chance en Europe échouent à devenir des professionnels, avec un taux d’échec de plus de 70%», a indiqué la chaine de sports européenne, tout en s’inspirant d’une conférence donnée par le fondateur de l’ONG «Foot Solidaire», à Dakar au Sénégal, l’année dernière.

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Entre temps, le taux de réussite des jeunes footballeurs a considérable diminué, selon Jean Claude Mbvoumin. «Seulement 0,01% de ces jeunes-là réussissent à intégrer véritablement les clubs européens», a-t-il dit. Par conséquent, ces derniers se retrouvent dans les conditions de vie précaires du côté de l’Europe. La migration massive des footballeurs africains vers l’Europe est le résultat de plusieurs facteurs, selon cette ONG. Le déficit d’encadrement des jeunes au niveau de leurs pays d’origine constitue le principal facteur selon cette association. «Malgré le nombre sans cesse croissant d’académies dans les pays de départ de ces jeunes (environ 400), 80% des jeunes évoluent en dehors du milieu fédéral. Ils ne sont pas suivis par les fédérations faîtières de leurs pays», a noté l’ONG.

L’organisation des championnats de jeunes au sein des pays africains touchés par ce phénomène, pourrait de l’endiguer, selon J.C Mbvoumin. Car, très peu de jeunes issus des académies ont la chance de retrouver dans les clubs d’élite un ou deux. En outre, le traitement salarial des joueurs évoluant dans lesdits championnats est quasiment ridicule, selon «Foot Solidaire». Du coup, ces derniers sont la proie des faux agents de joueurs et d’autres intermédiaires qui leur vendent le «rêve». Depuis la suspension par la FIFA de la licence donnant le droit à un individu de devenir agent de joueur, cette activité est laissée à la merci de tout individu qui peut l’exercer, parfois au détriment des footballeurs et des clubs qui sont les principales victimes, selon le fondateur de l’ONG «Foot Solidaire». A côté de cela, l’ONG dénonce un trafic de mineurs. Une pratique pourtant interdite par la FIFA qui a interdit le transfert des mineurs. Cependant, 1000 cas de transferts de mineurs ont été approuvés par la FIFA jusqu’ici, selon Jean Claude Mbvoumin.

Jean Pépin Ndjo

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