Actu'Décalée

Briqueterie: Plusieurs disparitions mystérieuses d’enfants

Dir-enfants-disparus-Briqueterie

Les familles et les habitants  de Yaoundé Briqueterie en parlent, les autorités affirment n’en savoir rien.

Le petit Jean Gouada, 10 ans, se souvient encore des derniers moments passés avec son frère cadet Lucas Barama, 3ans et demi.

« Je jouais avec lui ici (atelier de leur maman, Ndlr). Puis je me suis éloigné. Après, on ne l’a plus vu jusqu’aujourd’hui »,

raconte t-il avec une candeur enfantine. La maman semble fatiguée de répéter le même refrain. L’histoire de la disparition de son enfant, elle l’a racontée des dizaines de fois depuis le 09 juillet 2014, date de la disparition du bébé. Ses journées sont tourmentées. Elle les partage entre son atelier et les bureaux administratifs.

« Lundi dernier, je suis repartie au commissariat de Mokolo, parce que j’ai appris qu’un enfant perdu y avait été conduit. Je me suis aussi rendue une nouvelle fois au ministère des Affaires sociales. Ici et là, j’ai le sentiment d’être abandonnée à mon sort »,

murmure-t-elle, le regard lointain.

 non loin de la Mosquée du milieu au quartier Briqueterie, une autre famille vit un drame similaire

A cinq minutes de marche de son atelier de couture, non loin de la Mosquée du milieu au quartier Briqueterie, une autre famille vit un drame similaire. Un scénario presqu’identique. Là également, on n’a plus des nouvelles d’un bébé de la fratrie, depuis bientôt deux semaines. Les membres de cette famille étaient absents au passage du reporter de CT. La grand-mère était repartie au commissariat du 2e arrondissement, a-t-on appris,  et les autres au chevet de la maman, internée dans un hôpital de la place. « Cette disparition l’a terrassée », confie sa voisine qui raconte :

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

« L’enfant jouait derrière la maison, il y a exactement douze jours aujourd’hui (lundi dernier, Ndlr). Et plus tard on a constaté sa disparition ».

Marie Oumou, la voisine, affirme que l’infortunée maman nommée Zenabou Abou est venue du village Gabana pour Yaoundé avec son bébé Badawouia pour accoucher d’un autre enfant. Elle souligne que la disparition est survenue quelques jours seulement après l’accouchement et le choc aurait sérieusement affectée la génitrice.

Autour de ces forfaits, des détails accrochent. D’après les récits, les deux enfants sont tous âgés d’à peine trois ans. Les disparitions seraient survenues  à la même période, dans le même quartier, carrément dans le même périmètre. Ces histoires sont bien connues dans le quartier. Pourtant les autorités publiques avouent n’en être informées que par les médias. Rencontrées, les sources policières du coin (elles n’ont pas souhaité faire des déclarations formelles sans autorisation de leur patron) ne reconnaissent pas avoir reçu des plaintes de qui que ce soit au sujet du rapt d’enfants dans le quartier.

Et pourtant, les déclarations des proches ou des familles sont formelles :

« on a frappé à presque toutes les portes : chef du quartier, leaders religieux, commissariat, gendarmerie, ministère des Affaires sociales »

disent unanimement les personnes interrogées. Dans la communauté, les responsables donnent l’impression d’avoir géré la situation à distance. Personne n’est descendu chez les victimes. Ce qui justifierait leur connaissance approximative des cas.

© Cameroon Tribune : Jeanine FANKAM

Populaires cette semaine

To Top