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Breakin’ : Camair-co interdit de vols en France

Camair-co-Aviation-Cameroun

Pour défaut de certification, de licence et d’assurance, les avions de la compagnie ne peuvent plus effectuer d’opérations dans l’espace aérien européen. Depuis des mois, les avions de la compagnie nationale aérienne Camair-Co ne sont pas certifiés. Plus grave, le Dja, l’unique aéronef qui effectue la liaison de Paris, outre le fait qu’il vole depuis plus de neuf mois avec un réacteur en moins, lui aussi, n’est pas certifié e vole sans certificat d’assurance.

Pour cette raison, la direction générale de l’aviation civile française (Dgac), a interdit aux avions de la compagnie d’effectuer des opérations sur ses aéroports ainsi que dans l’espace européen. Le 19 mai dernier, Hélène Riou du département du trafic international en charge des liaisons Afrique et Moyen-Orient chez le régulateur français, saisit la compagnie nationale pour lui préciser sa déchéance.

«Compte tenu de l’absence de certification ACC3 des aéroports de Douala et de Yaoundé, je vous demande de me faire parvenir une attestation indiquant que Camair-Co s’engage à ne transporter aucun fret en provenance du Cameroun vers l’Ue, pendant la période de mise en conformité avec le règlement européen 185/2010», écrit-elle dans sa correspondance.

Tout en insistant sur «l’urgence» de produire cette attestation dans les brefs délais, la Dgac rappelle à la compagnie les risques auxquelles elle s’expose si jamais celle-ci persistait à affréter des avions sur la ligne de Paris et vice-versa. «Par ailleurs, il m’a été rapporté que des vols sont opérés  malgré mes nombreux messages vous informant que Camair-Co n’est à ce jour, toujours pas autorisée à opérer des vols vers la France. Comme vous le savez, le non-respect de ces procédures peut être sanctionné par une amende administrative d’un montant maximal de 7.500 euros (4 912 500Fcfa) par manquement. Je vous demande donc de suspendre vos opérations jusqu’à ce que les droits de trafic soient délivrés», assène le régulateur français.

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Pour seule réponse, Camair-Co indiquera que la compagnie travaille sur la possibilité d’un retour à la normale de cette situation. Aussi charge-t-on Moïse Ngeha, chef du département programme et gestion des capacités, de calmer la colère de la Dgac, et de gagner du temps. «Nos services chargés du renouvellement du certificat d’assurance et de l’Aoc (Air operator’s certificate) du B767-300, ont été saisis et travaillent dans cet objectif», écrit-on à Camair-Co, où l’on promet de réunir les documents dans les brefs délais.

Sauf que du côté de la Dgac, l’on semble percevoir dans l’attitude des responsables de Camair-Co, une sorte de mépris de ses exigences.  Car, les documents que Camair Co entend produire les certificats d’assurance et la licence de transporteur aérien (AOC), bien qu’exigés pour que le Dja puisse assurer ses opérations, ne constituent pas les uniques sources du problème.

D’où l’insistance de la Dgac sur la suspension des opérations de Camair-Co vers l’Union européenne en général et la France en particulier, tant que la «certification ACC3 des aéroports de Douala et de Yaoundé», sera absente des documents conformes exigés pour qu’un avion puisse effectuer ses opérations de vol et de survol des espaces aériens internationaux.  Mais manifestement, rien n’y fait. La compagnie préfère payer près de cinq millions de Fcfa d’amendes quotidiennes pour ne pas perdre la face devant une clientèle déjà fortement érodée sur cette ligne et bien d’autres destinations.

Wamba Sop

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