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Boko Haram victimes des intempéries

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Les crues des cours d’eau et le harcèlement de l’armée nigériane poussent les membres de la secte à des actions désespérées.

Les terroristes de Boko Haram ont réveillé le front hier à Fotokol. Dès l’aurore, ils ont tiré des rafales en direction des forces de défense camerounaises. Ces dernières, qui occupent le pont sur la rivière El Beid de part et d’autre leur ont répondu sans ménagement. Les Boko Haram n’ont pas essayé d’entrer en territoire camerounais et ont très vite cessé le tir. Un officier camerounais explique que les djihadistes ont ainsi agi par « bravade ». Selon lui, l’armée camerounaise observe un vaste mouvement, une migration de l’ennemi des îles du lac Tchad vers l’intérieur du pays.

La cause de ce repli n’est pas le fait de l’armée nigériane, ni des pertes que leur infligent nos militaires. C’est dame météo qui joue sa partition et leur pose des problèmes. Les fortes pluies qui tombent ces dernières semaines ont inondé ces confins du lac, rendant difficile tout déplacement d’engins (motos, voitures ou chars). Sans doute pour éviter de se laisser coincer par les bombardements de l’armée de l’air nigériane, les Boko Haram descendent vers le sud du Nigéria pour se regrouper probablement dans les deux localités nigérianes de Koumché et Kala Goubdo qui font face à Waza.

Ce sont peut-être des combattants fuyant les eaux qui ont voulu marquer leur passage non loin des positions camerounaises. D’autres combattants de Boko Haram ont fait preuve de plus de hardiesse. La nuit de jeudi à vendredi, ils ont pilonné la position de la brigade d’infanterie motorisée (Bim) à Achigachia. Ils ont, après ces salves d’obus tenté une incursion à pied dans le village qu’ils avaient ainsi canonné. Ils ont été vivement repoussés par les forces de défense camerounaises.

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Celles-ci prévoient ces escarmouches. Depuis que l’armée de terre nigériane, critiquée pour sa mollesse par la communauté internationale, a recommencé à les combattre et à engranger des victoires, Boko Haram a arrêté son avancée fulgurante aux portes de la ville de Maiduguri, son principal objectif. L’armée nigériane les a chassés de la ville de Bama qu’elle contrôle à plus de 70%. Les terroristes, coupés des routes qui mènent en Afrique centrale par l’armée camerounaise et les crues de El Beid et du lac Tchad ne peuvent plus accéder non plus au sud du Nigéria, donc à l’Afrique de l’ouest.

La route de l’Afrique du nord est rendue dangereuse par les patrouilles conjointes des armées nigérienne et française, qui agissent conjointement dans l’opération Barkhane. Il ne reste plus aux terroristes que ces attaques sporadiques pour tenter de se ravitailler. Et ils essaient. Le 10 septembre dernier, à 9h37, des dizaines d’entre eux, 50 à peu près, ont pénétré la ville frontière d’Amchidé. Ils ont commencé à tirer à la mitrailleuse lourde. Une patrouille du Bir les a pris à partie et les a repoussés vers 11h 43.

Une semaine avant, ils étaient plus nombreux. Le 03 septembre, 20 pick-up, montés de mitrailleuse de 12,7mm et 14,7mm ont pénétré les lignes camerounaises. Les terroristes qui venaient de s’installer dans le camp militaire de l’armée nigériane ont franchi la frontière à 12h10. La colonne s’est divisée en deux groupes de 10 véhicules chacun. L’un se dirigeait vers Kolofata et l’autre vers Limani. Ils ont été stoppés par l’armée camerounaise et sont repartis vers 14h.

© Le Jour : Aziz Salatou

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