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Boko Haram: Une réunion d’experts prévue à Yaoundé

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Elle se tiendra du 05 au 07 février, selon les explications de Pierre Moukoko Mbonjo, ministre des Relations extérieures, qui a pris part jeudi à Addis-Abeba au Conseil de paix et sécurité de l’UA

 Le ministre camerounais des Relations Extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo, a pris part jeudi, 29 janvier, au Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine à Addis-Abeba, essentiellement consacrée à la lutte contre Boko Haram. Il a été interrogé par RFI à l’issue de cette réunion.

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Monsieur le ministre bonjour. Est-ce que cette réunion a permis d’avancer sur des points concrets?

Ah oui ! Bien entendu ! Vous savez que nous nous sommes réunis au niveau ministériel le 20 janvier à Niamey, sur instructions de nos différents chefs d’Etat. Il a donc été convenu de venir ici pour demander le soutien de l’Union Africaine de manière à ce que les décisions qui ont été prises au niveau de la Commission du Bassin du Lac Tchad – l’opérationnalisation de la force mixte multinationale – que cette décision soit soutenue par l’ensemble de la communauté internationale.
Le processus consiste, après l’Union Africaine, de saisir le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Mais entretemps, il est prévu une réunion du 05 au 07 février à Yaoundé qui sera donc une réunion d’experts avec pour objectif de préciser le concept d’opération, les règles d’engagement de cette force multinationale. Et sur la base donc des conclusions des experts, la présidente de la Commission de l’UA va saisir le Conseil de sécurité de l’ONU à l’effet pour celui-ci de passer une résolution qui permettra d’appuyer nos efforts sous régionaux et, entre autres demandes que nous avons exprimé, il faut qu’il y ait un fonds qui soit créé pour pouvoir nous aider financièrement. Vous savez que le déploiement des forces est une opération très couteuse. Les discussions ont été très positives dans ce sens.

La force multinationale sera une force africaine mais le soutien financier serait au-delà de l’Afrique ?

L’Afrique d’abord bien sûr, nous comptons d’abord sur nos propres forces. Vous savez par exemple que les troupes camerounaises, plus de 6000, qui sont déployées dans la partie septentrionale du pays depuis huit mois sont supportées exclusivement par le budget de l’Etat du Cameroun. Donc, nous avons besoin du soutien financier, logistique de l’Afrique et de la communauté internationale. D’ailleurs, je tiens à vous rappeler que le processus a commencé à Paris, le 17 mai. Et toutes les réunions que nous avons eues visent justement à assurer la montée en puissance de cette force multinationale avec un soutien africain et international. Le plus urgent c’est évidemment de bien préciser le concept d’opération, et les règles d’engagement.

Ça veut dire qu’il faut rassurer les Nigérians qui pourraient être inquiets pour leur souveraineté?

Nous sommes tous sur la même longueur d’onde. Il peut y avoir ici et là quelques incompréhensions, mais qui ont été levées au cours de cette réunion.Parce qu’on dit souvent que les Nigérians sont très jaloux de leur souveraineté, ils ne veulent pas de force multinationale sur leur territoire
Je vous dis que les choses se passent bien.

Depuis deux semaines, des troupes tchadiennes sont déployées dans votre pays, pourquoi cet appel à votre voisin tchadien ?

Cela procède de la solidarité africaine. Je crois que la France, en intervenant au mali, a appelé d’autres pays européens à son aide, c’est une chose tout à fait normale.

Ce qui est important pour vous, c’est vraiment un secours important ?

C’est important pour nous tous, dans la sous-région. C’est un accord bilatéral que nous avons avec le Tchad, solidarité agissante. Si vous avez suivi le discours du président Paul Biya au corps diplomatique, début janvier, c’est exactement ce qu’il a dit : «A problème global, solution globale». Et nous nous sommes depuis huit mois face à ces attaques incessantes de Boko Haram, avec une montée en puissance incroyable. On se pose beaucoup de questions : «D’où viennent les armes?» «D’où viennent les financements?» Mais vous avez-vous-même constaté que l’armée camerounaise a fait face et qu’aucun bout de notre territoire n’est occupé par Boko Haram. Mais évidemment, nous sommes un pays en voie de développement, qui a ses limites, et qui en appelle donc à l’aide non seulement des Etats de la sous-région, mais également de tout autre Etat qui voudrait nous apporter son appui.

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