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Boko Haram s’empare d’une base militaire sur les rives du lac Tchad

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Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a pris le contrôle d’une base militaire de la Force multinationale (MNJTF) et de plusieurs localités voisines dans l’extrême nord-est du Nigeria, le long des rives du lac Tchad, forçant les habitants à fuir au Tchad voisin, rapporte ce dimanche 4 janvier l’AFP.

Les combattants de Boko Haram ont mené un raid sur les villages de pêcheurs de Kuayen Kuros, Mile 3, Mile 4, Doron-Baga et Bundaram et la ville de Baga, provoquant la fuite de centaines d’habitants par bateaux et pirogues sur le lac, en direction du Tchad voisin, selon des témoins interrogés aujourd’huipar l’agence française. Près de Baga, les islamistes se sont emparés d’une importante base militaire après plusieurs heures de combats, selon les habitants.

Cette base de la Force multinationale (MNJTF) est située à l’entrée de Baga, ville à 180 km au nord-est de Maiduguri, la capitale régionale de l’État de Borno. Elle a été créée dans le cadre d’une coordination régionale de la lutte contre Boko Haram. Les combattants islamistes « ont submergé les troupes et les ont forcées à abandonner la base », a déclaré par téléphone Usman Dansubdu, un habitant de Baga en fuite à Gubuwa, au Tchad.

« La force multinationale est composée de militaires du Nigeria, du Niger et du Tchad », a précisé pour sa part le général Olajide Laleyevoisins.

Samedi soir, des membres présumés de Boko Haram ont aussi lancé un raid sur la ville de Babban Gida, à 50 kilomètres de Damaturu, la capitale de l’Etat de Yobe. Des habitants affirment qu’ils y ont rasé plusieurs bâtiments. Selon eux, après avoir maîtrisé les soldats à l’issue d’un échange de tirs, les combattants de Boko Haram ont brûlé un pensionnat abandonné, un bâtiment administratif et détruit la base militaire.

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Boko Haram avait déjà commis en novembre un massacre dans le village de Doron-Baga, égorgeant 48 vendeurs de poisson. Au cours d’une autre attaque au mois d’avril 2013, 187 personnes avaient été tuées et plus de 2.000 maisons brûlées par les islamistes, également dans la zone de Baga. L’insurrection de Boko Haram et sa répression par les forces de l’ordre ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 millions de déplacés en cinq ans dans le nord du Nigeria majoritairement musulman.

Les islamistes, qui lancent des attaques meurtrières quasi-quotidiennes dans le nord-est du pays, se sont emparés ces derniers mois de plus d’une vingtaine de localités dans l’État de Borno (extrême nord-est), proclamant un « califat » dans les zones sous son contrôle. Maiduguri, capitale de l’État de Borno et important carrefour régional où s’est réfugiée une grande partie de la population de la région, est aujourd’hui presque encerclée et pourrait tomber aux mains de Boko Haram, selon les autorités locales.

Les insurgés tiennent en outre la quasi-totalité des localités frontalières avec la province de l’Extrême-Nord au Cameroun voisin, où ils n’hésitent plus désormais à mener des raids d’envergure contre l’armée, et non plus simplement des opérations de ravitaillement ou de recrutement.

De l’autre côté du lac Tchad, le Niger accueille des milliers de réfugiés nigérians et a considérablement renforcé son dispositif militaire, craignant d’être à son tour la cible des raids meurtriers de Boko Haram.

Camerounlink

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