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Boko Haram repoussé par l’armée dans extrême Nord

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Si Boko Haram voulait tester le nouveau dispositif de l’armée dans la région, il ne se serait pas pris autrement. A peine les nouveaux renforts déployés dans les points chauds, la secte islamiste a décidé de passer à l’offensive dans les départements du Mayo-Tsanaga et du Mayo-Sava, histoire de tester la capacité de combat des forces de défense et de sécurité. Mal lui en a pris.
Dans l’après-midi du 28 mai 2014, la secte a donc entrepris de bousculer le nouveau dispositif de l’armée dans la localité d’Achigachia dans le Mayo-Tsanaga. Les assaillants ont été violement repoussés par les éléments du Bataillon d’intervention rapide positionnés sur place. Ils ont replié au Nigeria.
Deux jours plus tôt, des hommes armés venus du Nigeria avaient fait incursion au niveau du village Hourbetch entre Achigachia et Ouzal et tué trois personnes dont deux camerounais résidant a Achigachia et un Nigérian. «Cela s’est passé aux environs de 11h30. Ils se rendaient tous trois au marché d’Ouzal quand ils Ont été surpris au niveau de Hourbetch par des hommes armés venus du Nigeria qui les ont tués. Deux camerounais donc un répondant au nom de Chetima Oumaté figurent parmi les morts. Le dernier, un Nigérian, avait franchi la frontière pour faire son Marché», explique une source proche de Chetima Oumaté, un des deux camerounais tués.
Dans la même journée du 28 mai 2014, aux alentours de 19h, les éléments de la secte ont subi un autre revers à Amchidé dans le Mayo-Sava, une de leurs places fortes dans la région. Ils ont essayé de bousculer les positions de l’armée, mais la riposte a été telle qu’ils n’ont pu tous replier vers leur base au Nigeria car six des leurs ont été arrêtés lors de l’attaque dont un certain Abba Moundang, petit bonnet local de la secte. Son domicile à Amchidé a été perquisitionné et l’on y a retrouvé des armes et des munitions.
L’armée n’a subi pour sa part aucune perte, et pas un seul blessé n’a été enregistré. «Pour la première fois, nous ressentons que l’armée a repris le dessus psychologiquement et cela nous redonne confiance. En même temps, nous craignons que la secte, ne pouvant plus bousculer frontalement l’armée n’utilise d’autres moyens pour atteindre leur but. C’est pourquoi nous, les populations, devrions redoubler de vigilance pour permettre à l’armée d’être plus efficace», explique Hassan, un commerçant qui prospère dans le trafic de zoua-zoua.

Raoul GUIVANDA | L’Oeil du Sahel

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