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Boko Haram: Révélations sur les fuyards nigérians

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Les 572 soldats nigérians qui ont créé tant d’émoi lundi dans la ville de Gazawa où ils avaient été temporairement logés au Lycée sont centrés chez eux hier midi. Ils étaient escortés par des hommes de l’armée camerounaise. Commandés par le colonel Jacob Kodji, le commandant de la 4éme région militaire interarmées nouvellement installé. Ils ont rejoint le territoire nigérian dès mardi ainsi qu’ils en avaient exprimé le souhait à des chefs militaires camerounais. Ces derniers ont consenti à faire quelques confidences sur ces hôtes qu’ils disent «encombrants».

Dimanche après-midi, le lieutenant-colonel Collins Habik est entré en contact avec les chefs de l’opération Alpha avec qui il avait souvent «des contacts informels». Il a négocié un droit de transit en territoire camerounais. Il voulait passer en toute sécurité avec ses hommes pour rejoindre une partie du Nord du Nigéria qui ne serait pas sous l’influence des Boko Haram. Il a donné toutes les garanties que ses hommes et lui ne nourrissaient pas d’intentions hostiles vis-à-vis du Cameroun qui est leur «allié» dans la lutte contre la secte.
L’officier nigérian a révélé aux chefs d’Alpha que 20 des 500 soldats qu’il avait sous son commandement l’ont précédé dans la fuite. Il a dit qu’ils fuyaient parce que les Boko Haram qui ont pris une puissance considérable ces derniers jours avaient menacé de les attaquer, de tous les tuer et de s’emparer de leurs armes et de leur caserne. Ils ont été rejoints dans leur fuite par 92 hommes d’une unité de l’armée de terre nigériane qui étaient en caserne à Achigachia. Les militaires qui ont été convoyés vers la ville de Moubi en passant vers le département du Mayo Tsanaga, n’ont pas fait de combat aux islamistes, apeurés par la propagande dont les terroristes entourent toutes leurs opérations.
«Ils étaient pourtant très bien armés. Ils avaient des armes dont si j’avais le tiers, on ne parlerait pas longtemps de Boko Haram», s’est écrié un officier d’Alpha. Les soldats nigérians ont transporté avec eux un arsenal impressionnant: des chars, des véhicules blindés, des mitrailleuses lourdes des lance-roquettes Rpg, des fusils d’assaut, des munitions en grande quantité… Mais, un fait intrigue encore les militaires camerounais: l’indiscipline de ces hommes. Ils avaient certes des uniformes pour la plupart, mais leurs chaussures étaient un peu bizarres. «Certains avaient des bottes en caoutchouc, d’autres des tennis ou des sandales», fait remarquer un officier avant d’ajouter: «Ces hommes étaient tellement meurtris, ils étaient comme marqués par le remord de n’avoir pas combattu.
Je pense qu’ils ont mesuré l’ampleur de leur acte quand ils ont vu les militaires camerounais fiers et disciplinés». A Fotokol lundi, d’autres membres des forces de défense ont demandé l’asile aux militaires des Bir. 122 policiers et 66 militaires nigérians ont déposé leurs 68 kalachnikovs, 3 Fal et un lance-roquettes aux militaires camerounais à qui ils ont demandé leur protection, face aux exactions des Boko Haram. Des confrères en annoncent d’autres à la brigade de gendarmerie et au commissariat.

© A. S. | Le Jour

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