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Boko Haram précipite le retour de Paul Biya

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Agenda: Le retour au pays de Paul Biya surprend 

Revenu à Yaoundé samedi 9 août, trois jours seulement après la fin du sommet Usa-Afrique clôturé le 6 août 2014, alors qu’il est attendu à Paris vendredi prochain, le président Paul Biya a pris au dépourvu le tout-Yaoundé. 

Certains « Yaoundéens » voulant traverser, en voiture ou à pieds, le centre ville tôt samedi dernier ont été surpris de remarquer des barrières de police dans le centre urbain, en tout cas sur le tronçon qui est appelé l’axe présidentiel. Malgré la tenue d’apparat arborée par les policiers, beaucoup d’entre eux ont eu du mal à croire que c’est le chef de l’Etat qui est de retour au pays. Et pour cause, c’est très tôt, jugent-ils. Car Paul Biya a habitué ses concitoyens à rester longtemps sur place dans son pays d’accueil, ou à rallier la Suisse après la participation à un sommet tenu hors de l’Afrique ou après une visite «officielle» en Occident. Cette fois, le président est revenu au pays trois jours seulement après la fin des travaux du sommet de Washington. Un exploit en soit, sous les latitudes camerounaises (même si ailleurs, ce temps peut être jugé suffisamment long). Ses compatriotes voyaient bien M. Biya prendre durant ce mois d’août un repos estival au bord du lac Leman où il a ses habitudes. 

Mieux encore, le nom de Paul Biya figurant sur la liste de la vingtaine de chefs d’Etat attendus en France vendredi prochain pour la commémoration du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, dont les solennités ont débuté le 4 août 2014 et le clou prévu le 15 août, les Camerounais estimaient dans leur immense majorité que le président ne pouvait revenir au pays pour quelques jours avant de repartir en France. Pourquoi être donc revenu de si tôt au pays ? 

Le climat social et politique qui règne dans le Grand nord peut se présenter comme un déterminant majeur ayant poussé le président à se hâter un peu plus qu’avant à regagner le bercail. D’ailleurs, tranchant avec ses habitudes de bourgeois, Paul Biya au départ de Yaoundé, le 02 août dernier pour Washington avait fait une déclaration devant la presse tendant à indiquer que le pays entier doit se mobiliser derrière les forces de défense pour la lutte contre Boko Haram qui fait des malheurs dans le nord du pays. Il aurait été curieux, même si le président nous a habitués à de situations bien baroques – qu’après une sortie aussi vigoureuse où il est allé emprunter au langage familier le fameux «ce n’est pas Boko Haram qui va dépasser le Cameroun», qu’il aille se la couler douce au soleil, abandonnant les troupes dans le chaudron de l’Extrême nord. 

Mais si la thèse Boko Haram comme déterminant majeur du retour rapide du président au pays était retenue, à Yaoundé de nombreux Camerounais attendent quand même de voir si Paul Biya renoncera à ses vacances d’été à Genève ou à la Baule pour une destination nationale.

© Rodrigue N. TONGUE | Le Messager

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