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Boko Haram : Nouvel attentat à Fotokol, nouvelle stratégie de la secte islamique

Une source sécuritaire jointe à Fotokol, affirme que les quatre kamikazes étaient « des jeunes filles âgées d’une quinzaine d’années ». « La première kamikaze s’est fait exploser chez le chef. Les trois autres progressaient vers l’intérieur de la ville de Fotokol lorsqu’elles ont été repérées par des membres du comité de vigilance », groupe d’autodéfense composé d’habitants de la ville, a expliqué cette source.

Les trois jeunes femmes se sont alors « fait exploser à leur tour, mais aucun civil n’a été tué », a confirmé cette source, qui fait état de 10 blessés lors de la première explosion.Le gouverneur assure de son côté que « l’armée s’est déployée très vite dans la zone. Dès la première explosion, nos militaires stationnés à Fotokol ont tiré en l’air. Cela a dû décourager les trois autres kamikazes», estime-t-il. D’après Midjiwaya Bakari, « c’est la première fois qu’une kamikaze se fait exploser dans une chefferie. Nous pensons qu’ils [Boko Haram] sont en train de changer de stratégie parce que nous avons pris des mesures drastiques pour sécuriser les lieux de forte affluence qui étaient ciblés par les kamikazes ».

Nouvelles cibles : des lieux privés

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« Nous allons devoir changer de stratégie face à cette nouvelle méthode », a-t-il affirmé, précisant que certains comités de vigilance venaient d’être équipés de détecteurs de métaux et fournissaient un «appui considérable» notamment en matière de renseignement. Fotokol est régulièrement la cible d’attaques transfrontalières de Boko Haram. Ainsi, le 9 novembre, trois civils avaient été tués au cours de l’attentat-suicide mené par deux kamikazes en pagne et voile près d’une mosquée à Fotokol. Au total, plus de 100 personnes ont péri dans une vingtaine d’attentats attribués aux islamistes nigérians depuis le mois de juillet. L’attaque de samedi n’a pas été revendiquée dans l’immédiat, mais les soupçons se tournent vers le groupe islamiste Boko Haram, qui a régulièrement recours à des jeunes filles pour mener ses attentats suicides.

Si elle a contenu l’expansion territoriale de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, la coalition militaire régionale regroupant les pays riverains du lac Tchad (Nigeria, Tchad, Cameroun, Niger) ainsi que le Bénin n’arrive pas à réduire significativement les activités des islamistes nigérians. Ceux-ci poursuivent régulièrement leurs attaques, notamment les attentats-suicides dont sont essentiellement victimes les civils, musulmans comme chrétiens. L’insurrection de Boko Haram et sa répression ont fait au moins 17 000 morts et plus de 2 millions de déplacés depuis 2009 au Nigeria.

© Le Messager : Ludovic AMARA, avec Afp

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