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Boko Haram: « ils m’ont forcé à tenir les jambes de mon fils pendant qu’ils coupaient son cou »

Jummai Brahim restera à jamais traumatisée par les scènes horribles qu’elle a vécu à Baga, c’était en Janvier 2015 après l’attaque des terroristes de Boko Haram, cette femme aujourd’hui mendiante était une des vendeuses de poissons les plus réputées des régions autour du bassin du lac Tchad «Sans être ingrat envers Dieu, je vais dire que nous avons fait grande fortune de notre entreprise de pêche principalement sur les eaux du lac Tchad», explique t-elle, « Mais malheureusement, Boko Haram est venu … » dira-t-elle au journal Premium Times.

Cette femme de 58 ans sera témoin de la barbarie meurtrière des agents de la mort, des vrais bouchers humains selon ce témoignage de Jummai.«J’ai perdu beaucoup de membres de ma famille en fuyant Baga. Une fois sorti de la ville, des hommes armés de la secte Boko Haram nous ont intercepté et ont emporté une de mes filles qui était enceinte de deux mois et son fils de trois ans, et 13 autres dames qui étaient soit mes cousins ou les plus jeunes de mon mari qui vivaient avec nous. Un de mes fils, Habibu, qui avait environ 21 ans a été tué par Boko Haram. Quand ils le virent avec moi, l’un des hommes armés de Boko Haram m’a dit  «Mama votre fils est assez vieux pour rejoindre le civil-JTF, alors il est supposé être un membre potentiel du Civilian-JTF ». Pour cette raison, ils l’ont traîné au sol et égorgé devant moi, ils m’ont forcé à tenir ses jambes pendant qu’ils coupaient son cou, et je leur ai dit que je ne pouvais pas faire une telle chose. J’ai essayé de fermer les yeux parce que je ne pouvais pas supporter de les voir égorger mon propre fils comme un animal, mais l’un d’eux m’a frappé avec la crosse de leur fusil sur mon bras, et a insisté pour que je les regarde tuer mon fils.

Je l’ai vu pleurer et m’appeler à l’aide, quand je criais que je ne pouvais pas l’aider, il continuait à crier « prier maman pour moi, et pardonnez-moi si je vous offense, priez pour moi ‘… (Sanglots) … voilà comment mon enfant a été abattu et décapité, » Jummai racontait en pleurant. «Je n’ai vu que douleurs et tortures de Baga à Maiduguri. » Boko Haram dans sa stratégie s’imposait par la terreur, selon certains témoins, lorsqu’ils arrivaient dans une ville ou un village, ils prenaient au hasard cinq à dix villageois qu’ils égorgeaient devant la foule , ils avaient certaines méthodes qui consistaient à ligoter vos jambes sur deux véhicules qui devaient ensuite se déplacer en vous déchirant à partir de l’entre-jambe.

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«Je suis parti toutes mes affaires avant-Doro Baga en fuyant l’attaque par Boko Haram. Je suis venu avec seulement les vêtements que j’avais sur moi », dit-elle. « Nous avons couru toute la journée avec quelques-uns de mes enfants. Quand nous sommes arrivés à un village appelé Kalwaram, j’ai vu de nombreuses personnes tuées, et à la périphérie du village, j’ai vu des cadavres frais de deux soldats; un des soldats a été dépouillé nu, sa virilité a été coupé à l’aine et forcé dans sa bouche. Je ne pouvais pas supporter la vue d’une telle horreur, mais je devais défaire mon emballage et couvrir son corps jusqu’à, au moins, de protéger sa dignité. Je continuais à courir avec seulement mon jupon et la blouse que j’avais sur moi, jusqu’à ce que je sois arrivé à un village appelé Minnati, où une femme m’a vu et par sympathie m’a donné une enveloppe à porter sur mon jupon. Voilà comment je suis arrivé au camp à Maiduguri, tous à pied » , raconte Jummai.

Les terroristes de la secte islamiste Boko Haram sont des civils formés qui utilisent les techniques de guerre asymétriques. Ils ont la capacité de se fondre au sein des populations pour semer la terreur, ce qui ne rend pas facile la tache aux forces de sécurités qui déjà font face aux attaques frontales. Les ONG doivent descendre sur le terrain évaluer l’ampleur des dégâts avant la promulgation des rapports accablant les différentes armées. Nos services de communications ont aussi un grande part de responsabilités dans ses rapports accablant, car si sur le plan militaire nos soldats parviennent à anticiper sur les offensives des terroristes, le gouvernement doit pouvoir faire pareil sur le plan de la communication qui aujourd’hui est une arme absolue contre la déstabilisation.

Le gouvernement ne doit pas seulement réagir après des attaques le monde entier doit savoir ce que font les terroristes, les Russes et autres Arabes n’hésitent pas à commenter et partager les atrocités des terroristes, et attendre que ces atrocités soient commentées par certains médias occidentaux lorsqu’ils veulent justifier une ingérence humanitaire.

Albin Njilo

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