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Boko Haram: Le maire soupconné de collusion avec la secte

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Ramat Moussa est soupçonné de complicité avec les jihadistes de la secte islamiste Boko Haram, personnellement cité comme tel par les locataires de la villa transformée en cache d’armes de guerre à Kousséri.

Rebondissement dans l’affaire des armes découvertes dans une villa à Kousséri. Comme ils l’avaient promis aux enquêteurs, les membres de la secte Boko Haram interpellés la semaine dernière puis transférés à Yaoundé par un vol spécial ont commencé à dérouler la longue liste de leurs relais au Cameroun. Et parmi ces complicités locales figure au premier chef, un magistrat municipal du Rdpc dans le Logone et Chari. Son nom : Ramat Moussa, maire en exercice de la commune d’arrondissement de Fotokol. Il s’agit là d’une localité frontalière avec le Nigeria (Gambarou Ngala) où la bataille entre les forces de l’opération Alpha et les combattants de Boko Haram est rude. «L’on se demandait encore jusqu’à la semaine dernière qui leur fournissait avec exactitude nos mouvements et nos positions. C’est tout trouvé, car le chef local de Boko Haram que nous avons arrêté dans la villa du quartier Kodogo III nous a craché le morceau», fait savoir un haut gradé de l’armée en poste à Yaoundé. Selon la même source, «le maire de Fotokol avait pris pour habitude de faire transporter les armes de Boko Haram dans son propre véhicule de service. Ce qui le lavait de tout soupçon et lui permettait d’échapper à la vigilance de nos éléments déployés sur le terrain».

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Sur les circonstances de l’interpellation du maire Ramat Moussa, l’on apprendra que c’est dans la journée du vendredi 26 septembre qu’une mission spéciale en provenance de Yaoundé a séjourné dans le Logone et Chari, investie d’une mission claire et précise. Le maire soupçonné est alors arrêté et conduit manu militari à Yaoundé où il est gardé et entendu en ce moment. L’autre révélation fracassante et pas des moindres que Mahamat Ali, chef local de Boko Haram aux arrêts, aurait faite aux enquêteurs est qu’il en sait davantage sur l’attaque de Kolofata et le lieu de détention des otages dont l’épouse d’Amadou Ali, vice-premier ministre et ministre en charge des Relations avec les assemblées. «Il se confie depuis Kousséri avec un sang froid. Certaines de ses révélations reflètent une certaine logique à prendre au sérieux», a confié sous le couvert de l’anonymat une source administrative à l’Extrême-Nord.

Collaboration

L’on se souvient que lors de la découverte de la cargaison d’armes à Kousséri, une opération rendue possible avec le concours de la police et ses réseaux de renseignements, deux (02) autres «cerveaux» de Boko Haram avaient été interpellés. Il s’agit d’Issaka Gare alias Modibo et Abakar Ali Ahmed alias Oumar. Le stock d’armes saisi était dissimulé dans des tonneaux. Une quincaillerie que nous avons détaillée ailleurs ainsi que des tracts précisant l’ordre des prochaines frappes de Boko Haram sont à verser dans cette liste noire. Plus mobilisée et boostée par ces dernières opérations à succès dans l’Extrême-Nord l’armée camerounaise continue d’affaiblir la secte islamiste au front. Elle devrait davantage s’appuyer sur la police à qui les populations se confient de plus en plus. L’arsenal de guerre de Kousséri n’aurait pas été déniché sans les indications des populations fournies aux policiers. Mais la coopération et la collaboration de tous s’imposent pour le bien commun.

© Salomon KANKILI | Le Messager

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