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Boko haram : L’autre visage du dispositif sécuritaire

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Annoncé à grande pompe par les autorités régionales du Littoral, le week-end dernier a permis de constater les failles sécuritaires et le laxiste des autorités sur l’axe Douala-Bafoussam avec à la clé, de fortes odeurs de corruption dans ce corridor comme d’habitude.

Il est un peu plus de 22h ce vendredi 07 aout 2015 sur l’axe dit Brazzaville dans le 3ème arrondissement de la ville de Douala. Sur ce boulevard qui s’ouvre du lieu-dit rond-point Dakar jusque vers la station-service sur près de 2km et demi, pas moyen de se frayer un chemin dans cette foule composite qui obstruent même la chaussée, devant chacune des agences de voyage qui borde la vaste avenue.

La foule est tellement compacte que même les véhicules ont du mal à se trouver un passage. Dans un bruit assourdissant mélangé à ceux des buvettes environnants, certains passagers sont à la recherche du bus conformément au numéro marqué sur le ticket, d’autres a la recherche d’un proche perdu dans cet embouteillage humain. Il est déjà l’heure d’embarquer, les sirènes et autres klaxons résonnent à travers le boulevard. Bousculades, injures, discutent et autres signes de violence meublent les mouvements. Pas moins de 3 000 personnes à cette heure de la nuit sont dénombrées comme passagers des différentes agences de voyage à destination de l’Ouest. La période étant propice chaqu’année aux déplacements massifs pour plusieurs raisons dont les réunions familiales et autres obsèques.

Seulement, pas l’ombre d’un homme en tenue dans cette foule ou aux environs, le nombre critique étant propice aux attaques de Boko Haram. Comme ici, le tableau est le même ce soir-là au lieu-dit entrée bille où une agence de renoms qui dessert plusieurs localités de la région de l’Ouest avec ses centaines de passagers, embarque ceux-ci. Le décor est plus ahurissant au lieu-dit tonnerre à Bépanda où selon des chiffres, pas moins de 5 000 personnes entendent se déplacer pour l’Ouest.

Sécurité fantaisiste

Au moment d’embarquer, pour les agences qui ont un matériel de contrôle, l’agent de sécurité chargé de la fouille et de détecter les métaux se débrouille comme il peut. Le plus curieux ici, c’est qu’après avoir passé la centaine de passagers au détecteur de métaux, une fois dans le bus et que le contrôle s’est achevé, les passagers sont à nouveaux libres de leur mouvement car las d’attendre parfois l’heure et demie qui précède leur entrée et le départ du bus, ils sont de nouveaux au sol.

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Il est déjà un peu plus de 1h du matin et l’axe Bonabéri jusqu’à sa sortie grouille de gros-porteurs. Premier contrôle mixte au lieu-dit Békoko à la limite avec le Mungo, les bus sont alignés. Les hommes en tenue assis dans une pénombre, reçoivent des chauffeurs qui viennent à tour de rôle. Sans dossier du véhicule, notre chauffeur croise dont le verbe avec un jeune gendarme avec qui il n’arrive pas à s’entendre pour cause monnaie. Sensé laisser 1 000 Fcfa, il ne dispose que d’un billet de 2 000 Fcfa. Après entente, le chauffeur s’engouffre dans sa voiture, démarre en trombe vers l’échangeur.

Ici, pas de contrôle de carte d’identité, ni de bordereau. L’équipe de prévention routière remarquable aux chasubles orange, semble être en balade nocturne. Pourtant, le gros porteur de 70 places à des passagers d’un autre genre assis sur des bancs de fortune le long du couloir, certains se partagent la boite à pharmacie. D’autres se contentent des escaliers des entrées avant et arrière. Le même geste du chauffeur à travers sa fenêtre est répété à chaque contrôle, aussi bien à Bomo Ba Mbengué, qu’à Mbanga et dans d’autres localités traversées par le bus.

Le retour est bien plus qu’une passoire. Le même tableau est perceptible à Bafoussam où avant d’embarquer personne ne passe au détecteur de métaux ni pour aller à Yaoundé, ni à Douala. Le même scénario à tous les barrières, les couloirs du bus aussi bondés par des passagers sans billets et dont non identifiés par l’agence de voyage. Ceux-ci par entente avec le chauffeur et le « moto boy » entrent qu’au moment où le bus veut quitter l’agence. Généralement, il y a une différence de 1 000 Fcfa, voir 1 500 Fcfa entre les frais de voyage des deux catégories de passagers.

Cette situation contraste avec les annonces faites par les autorités locales. Pas de présence policière, pas de contrôle rigoureux et sérieux dans les agences et les bus dans la nuit, pourtant c’est l’un des moments prisés par les voyageurs à destination de l’Ouest Cameroun. Surtout le week-end et par ces temps du mois d’Aout. Douala continue de se comporter comme si la situation sécuritaire que connait le pays, ne l’intéressait pas. De là à se poser la question si les autorités du Littoral sont laxistes où ne se contentent que des caméras et des micros pour faire des annonces fortes sans que rien ne suive sur le terrain.

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