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Boko Haram: La région de l’Ouest en ordre de bataille

BOKO-HARAM-Armée

Pas moins de cinq millions de Fcfa ont été collectés lors des mobilisations contre la secte Boko Haram organisées à Santchou, Foumban et Bafoussam.

Santchou

C’est dans l’arrondissement de Santchou, département de la Menoua, que le coup d’envoi des mobilisations patriotiques contre les exactions de la secte Boko Haram a été donné. Sous l’impulsion du sous-préfet de cette localité, Abdou Chili et le maire de la ville, Guy Efon que les populations ont battu le macadam pour dire leur opposition aux exactions commises dans la région de l’Extrême-nord. Le premier magistrat de Santchou explique à cet effet qu’il s’agit de «Crier notre ras-le-bol contre Boko Haram; affirmer notre soutien et apporter nos encouragements aux efforts de notre président Paul Biya et de nos forces de défense qui versent leur sang dans la lutte contre la nébuleuse;- témoigner notre patriotisme à l’endroit de. notre pays; marquer notre solidarité envers nos frères endeuillés ou déplacés de l’Extrême nord; montrer à l’opinion nationale et internationale à quel point nous sommes conscients et interpelés par cette guerre.»

Au terme de cette marche, populations et élites diverses ont cotisés la somme de trois millions Fcfa en apport à l’effort de guerre. Une initiative saluée par le sous-préfet de Santchou. Abdou Chili explique à ce propos «qu’il n’y a ni de force ou d’effort en trop pour mener ce combat qui engage le développement du Cameroun tout entier.» La mobilisation des populations de Santchou se veut un appel permanent à la vigilance et à l’effort dans ce combat de longue haleine. Chef traditionnel, Sa Majesté Justin Atiogue, invite à «continuer la mobilisation afin que chacun comprenne que nous ne dormirons d’un sommeil paisible à Santchou que lorsque la menace Boko Haram sera éradiqué.» Selon le même orateur, «Toutes les contributions d’où qu’elles viennent sont les bienvenues.». La ‘mobilisation de Santchou a connu la participation des chefs traditionnels du terroir, Justin Atiogue, Norbert Yougang, Fréderic Awoudem, le curé de la paroisse catholique de Fombap et l’Abbé Billy Orner Ndangang. Des élites auxquelles se sont joints les membres des associations villageoises de la localité, les ‘commerçants, les conducteurs de moto-taxi, les forces de maintien de l’ordre ainsi que les élèves des établissements scolaires secondaires et primaires de l’arrondissement.

Foumban

A Foumban, c’est une messe œcuménique qui a réuni les populations de la ville. Maire de la Commune d’arrondissement, le Docteur Adamou Ndam Njoya explique: «nous avons pensé qu’il était important que nous nous retrouvions pour prier Dieu ensemble pour la paix, pour qu’il rétablisse paix, l’harmonie dans notre pays. Lorsqu’une partie du Cameroun n’est pas en paix c’est tout le pays qui souffre.» la mobilisation organisée sous la bannière de l’Association camerounaise pour le dialogue interreligieux (Acadir) a vu la participation des communautés musulmanes, le Conseil des églises protestantes du Cameroun ainsi que’ l’Eglise orthodoxe du Cameroun. Tout au long de la mobilisation de Foumban, les principaux orateurs ont invoqué Dieu «afin qu’il donne aux soldats qui sont sur le front, la force, le courage et la détermination pour vaincre l’ennemi.» Mais aussi pour qu’il «éloigne la guerre de toutes les régions du monde où des individus cultivent la haine avec des ambitions égoïstes pour asseoir leur autorité et bonheur sur la mort des autres.»

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C’est un témoignage que le président de l’Acadir partage avec les participants à la mobilisation de Foumban. Adamou Ndam Njoya soutient avoir visité un camp de réfugiés dans la région de l’Extrême nord. «Nous avons visité un camp de réfugiés dans l’Extrême nord. Un camp presque comme la ville de Foumban où vivent sous des tentes, plus de 32mille personnes (hommes, femmes, enfants, vieillards) qui ont échappé à la mort. Leurs maisons, villages, écoles, mosquées et églises ont été détruits, incendiés par des hommes sans foi ni loi. C’est manifestement inhumain. On ne peut pas le faire au nom de Dieu,».

Dieu, la prière et les armes

En chœur, les participants à la marche de Foumban soutiennent que, «Notre devoir est de faire qu’ils (Boko Haram, Ndlr) soient des marginaux, qu’ils n’aient plus de forces. Il ne fait de doute, que la victoire est acquise par des armes. Il ne fait pas de doute que la victoire est déjà remportée sur le plan politique parce que le président de la République a réuni autour de lui, les présidents de la sous-région. Il a aussi obtenu l’assentiment de l’Union africaine(Ua), de la communauté internationale, ce gui veut dire que tout le monde est mobilisé pour mettre fin à cette menace terroriste.». Si le Docteur Adamou Ndam Njoya ne relativise pas la puissance de la prière, il invite à interroger l’histoire en tout temps. Cette source soutient que l’histoire des peuples, des religions et des Etats est marqué par des moments de terreur et de destruction causé par des groupuscules ou des personnes en marge des normes sociales. « Le problème de Boko Haram est celui de l’éducation. Au sortir de cette rencontre, nous devons nous organiser pour cultiver l’esprit de paix, d’amour, de partage. Eduquons rios enfants, ceux qui demain auront des responsabilités pour qu’ils grandissent avec des idées de construction, de solidarité, de dialogue, de tolérance et compréhension mutuelle.»

Quoique consacrée à des parades culturelles, artistiques et sportives, la 544e édition du festival culturel Nyang-Nyang était aussi l’occasion pour le roi des Bafoussam d’appeler à la mobilisation de tous contre la secte Boko Haram. Au terme de l’édition qui s’est achevé le 1er mars 2015 Sa Majesté Njitack Ngompé Pele a invité les participants à une collecte de fonds en soutien aux soldats au front. Une collecte qui a permis de mobiliser la somme de deux millions de Francs cfa.

Filibert AZAP NDONGO et Joseph OLINGA N

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