Features

Boko Haram : La guerre d’usure

Boko-Haram-Nigeria-Cameroun-chad

Une nouvelle phase de la guerre contre Boko Haram vient d’être enclenchée. En effet, depuis quelques semaines, des cellules de combattants de la secte islamiste infiltrés derrière les lignes multiplient des coups, à travers notamment la pose des engins explosifs improvisés (Eei). «Ils savent qu’ils n’ont aucune chance dans un combat frontal. Du coup, ils agissent par àcoups et tentent de maximiser l’effet de surprise», constate un officier de l’armée à Mora.

Rappel de quelques dates sanglantes : Dans la matinée du 16 décembre 2014, trois militaires ont trouvé la mort à la suite de l’explosion d’un engin dissimulé sur la route Vreket-Mora. Il s’agit du sergent Tangem et des caporaux Doume et Njifenji. Quatre autres soldats ont également été blessés lors de cette attaque dont les caporaux Manga, Ngom, Ondoua, Onana et Ndjatam. Deux jours plus tôt, ce sont deux militaires qui trouvaient la mort dans les mêmes circonstances. «Nous avons perdu à ce jour huit soldats du fait de ces engins explosifs. Leur dernier assaut sur Amchidé avait d’ailleurs commencé par l’explosion d’une mine», détaille un capitaine du Bataillon d’intervention rapide.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Trop pressés de miner toute la zone, la secte n’hésite même plus à envoyer des éléments peu ou mal entrainés pour accomplir la besogne. C’est ainsi que le 17 décembre 2014, trois combattants de Boko Haram ont trouvé la mort à Sagmé, à la suite de l’explosion d’une mine qu’ils tentaient de poser. Les attaques répétitives menées par des petites unités de la secte sont également enregistrées sur l’axe Maroua-Kousseri. Le 26 décembre 2014, une patrouille du BIR à bord de deux véhicules land-cruiser a été sérieusement accrochée sur le tronçon Mora-Waza. Bilan: un militaire tué et trois blessés. La veille de Noël, cinq véhicules qui circulaient sur la nationale n°1 entre Mora et Waza, à des moments différents, ont été attaqués par des hommes armés.

A chaque fois, la riposte de l’armée a toujours été implacable : de nombreux combattants tués et d’autres arrêtés. Il reste que la secte s’est engagée dans une guerre d’usure qu’elle pense lui être profitable. De son côté, l’armée camerounaise n’est pas restée les bras croisés. Depuis, elle essaye de s’adapter le plus rapidement à la nouvelle donne afin de n’être plus prise de vitesse par les nouvelles stratégies de la secte. «Toute guerre d’usure exige une préparation conséquente, une grande capacité d’endurance, une mobilisation exceptionnelle d’hommes, et une logistique adaptée », explique un analyste.

© L’Oeil du Sahel : DAVID WANEDAM

Populaires cette semaine

To Top