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Boko haram : la France invite le Cameroun et le Nigeria à « avoir les meilleures relations pour agir »

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En visite d’Etat vendredi à Yaoundé, la première d’un dirigeant français dans ce pays depuis 14 ans, le président français François Hollande a invité les autorités du Cameroun et du Nigeria à « avoir les meilleures relations pour agir » contre le groupe terroriste nigérian Boko Haram, qui affecte la stabilité de ces deux pays et celle de leurs voisins du Tchad et du Niger.

« Prochainement le président du Nigeria va venir ici au Cameroun. C’est très important. Il faut que le Nigeria et le Cameroun aient les meilleurs rapports, les meilleures relations pour agir », a déclaré le chef de l’Etat français après un entretien en tête-à- tête avec son homologue camerounais Paul Biya en marge de sa visite de quelques heures à Yaoundé, troisième et dernière étape d’ une mini-tournée africaine.

En provenance de Luanda en Angola après Cotonou au Bénin la veille, François Hollande est arrivé vendredi en début de soirée dans la capitale camerounaise en compagnie d’une délégation composée de parlementaires membres du groupe d’amitié France- Cameroun et d’un nombre important d’hommes d’affaires de son pays en quête de marchés à l’étranger.

C’est la première visite d’un président français depuis celle effectuée par Jacques Chirac à l’occasion du sommet France-Afrique tenu dans cette ville en janvier 2001, un événement salué par les autorités camerounaises comme une nouvelle étape significative dans le renforcement des relations avec leur partenaire historique.

Une rencontre de plus d’une heure au palais présidentiel camerounais avec le président Paul Biya a dominé l’agenda, également marqué par la signature de quatre accords de coopération d’un montant total de 76 milliards de francs CFA (150 millions de dollars) dans les domaines des infrastructures, du développement rural et de l’appui au secteur privé.

« La lutte contre Boko Haram a figuré en bonne place dans nos entretiens. Les récents attentats meurtriers qui ont frappé le Nigeria et le Tchad s’inscrivent dans la longue liste des atrocités de ce groupe terroriste. Celui-ci n’a en effet cessé ces derniers mois de semer la mort et la destruction au Nigeria, au Nigeria, au Tchad et au Cameroun », a souligné d’emblée le chef de l’Etat camerounais.

« La nécessité d’une conjonction des efforts des pays concernés et de la communauté internationale pour mettre un terme à cette dérive meurtrière, a-t-il poursuivi, n’a jamais été aussi forte. Face aux attaques de cette secte barbare, le Cameroun n’a pas fléchi. Je salue ici la bravoure et le dévouement de nos soldats qui ont infligé à l’ennemi de sérieux revers et su préserver l’ intégrité de notre territoire. »

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Pour François Hollande, cette coopération régionale et internationale exige surtout une meilleure collaboration entre les pouvoirs de Yaoundé et d’Abuja. « Je pense, a-t-il observé, que ça correspond bien à l’état d’esprit qui avait été le nôtre lorsque nous avions réuni le sommet de Paris (en mai 2014) pour prendre des décisions importantes face à Boko Haram. »

Il s’est dit disposé à tenir une nouvelle concertation similaire pour intensifier la lutte contre la menace terroriste qui a continué à s’amplifier, malgré l’offensive menée par la coalition formée duNigeria, du Cameroun, du Tchad et du Niger. La semaine dernière déjà,une réunion tenue à Paris a permis de créer création d’une coordination entre les Etats les plus concernés dans la région, a-t-il rappelé.

« La France appuie par sa coopération militaire la formation des soldats camerounais, les informations que nous pouvons recueillir, les images que nous pouvons capter. La France appuie tous les efforts des pays pour terrasser le groupe Boko Haram », a indiqué le numéro un français pour qui « la lutte contre le terrorisme est une lutte à l’échelle du monde tout entier et (…) nul pays n’est épargné ».

Premier investisseur dans le pays selon son propre dirigeant, la France a cependant perdu du terrain au cours des dernières années au Cameroun, dont les autorités ont entrepris une politique de diversification des partenariats grâce à laquelle la Chine par exemple s’impose aujourd’hui comme le premier client, devant le partenaire hexagonal.

Selon un communiqué publié jeudi par l’ambassade de France à Yaoundé, depuis la reprise de son appui en prêts souverains au gouvernement camerounais en 2010, l’Agence française de développement (AFD), dont la directrice générale Anne Paugram accompagne François Hollande lors de mini-tournée africaine, totalise 530 milliards de francs CFA (1,06 milliard de dollars) d’ engagements.

Quelque 6.000 ressortissants français et plus d’une centaine d’ entreprises françaises sont recensés dans ce pays. D’autres investisseurs cherchent à emboîter le pas.

« Moi-même je suis venu avec une délégation qui comporte des entreprises qui sont déjà établies au Cameroun et d’autres qui envisagent d’y investir », a confirmé François Hollande, qui regagne Paris ce même vendredi soir, aux environs de 23H20 locales (22H20 GMT), d’après le programme officiel.

De l’autre côté, plus de 50.000 Camerounais parmi lesquels environ 8.000 étudiants vivent en France, selon les statistiques officielles.

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