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Boko Haram: L’aviation désormais engagée dans les combats

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L’information est rendue publique par Radio France internationale (Rfi) il y’a deux jours. Dans la foulée de la réunion de crise que le président de la République a tenue au palais de l’Unité après l’attaque de dimanche, attribuée à Boko Haram, dans la localité de Kolofata (Extrême-nord), le chef des armées a décidé de renforcer le dispositif militaire et de sécurité dans le Grand nord.

Le média français révèle que l’opération « Alpha » qui prend la place de l’ «opération émergence» va désormais compter un nouvel élément : l’armée de l’air. «Cette fois, l’accent sera mis sur l’entrée en scène de l’aviation militaire. Les hélicoptères de reconnaissance et les avions de chasse déjà postés dans la région devraient désormais intervenir dans les combats en appui aux troupes au sol» révèle Rfi. Une bonne nouvelle pour les forces sur le terrain, qui arrive témoigne cependant après des victimes qui auraient pu être évitées si le commandant en chef était moins timoré.

« Réponse graduée face à la menace», arguent les thuriféraires du régime ; « défaut d’approche globale» rétorquent des spécialistes des questions militaires. Il est en effet reproché au président Paul Biya de n’avoir toujours pas pris la pleine mesure de la menace Boko Haram. Beaucoup s’émeuvent de ce qu’à chaque attaque des partisans de la secte, c’est en termes de centaines que ceux-ci entrent sur le sol camerounais, et s’en retournent sans être inquiétés. Certains questionnent en effet la surveillance du territoire, la coordination des unités sur le terrain, le renseignement. Car, il ne s’agit pas d’une absence de stratégie d’une armée jugée brave.

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Le Cameroun, c’est un truisme, ne dispose pas de la technologie nécessaire pour surveiller tous les mouvements sur son territoire. Son renseignement s’en trouve dès lors handicapé. Pourtant, le temps mis pour chacune des attaques (plusieurs heures en général), révèlent un défaut de réactivité des unités sur le terrain qui sont parfois obligées d’attendre durant des heures, des ordres de Yaoundé. Sous cape, des soldats pointent du doigt la lenteur dans la réponse. Traduction : les renseignements sont transmis en temps réel, mais les instructions n’arrivent pas avec la même vélocité.
Cet appoint de l’aviation militaire devrait permettre à l’armée de réagir plus rapidement en partant de la base de Garoua pour des interventions dans l’Extrême-nord pour éviter que des villes soient pilonnées pendant plusieurs heures sans que le renfort aérien n’arrive.


© Rodrigue N. TONGUE & Ludovic AMARA | Le Messager

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