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Boissons alcoolisées et gazeuses Qui paie l’addition ?

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Les prix de départ sont connus jusqu’au niveau des détaillants, qui taxent diverses prestations aux consommateurs. Avant décembre 2014, dans les débits de boissons au Cameroun, il y avait une certaine harmonisation des prix de vente. Sauf qu’avec la hausse des droits d’accise sur les boissons alcoolisées, disposition prévue dans la loi de finances 2015 et effective depuis le 16 février 2015, l’ « anarchie » s’est installée partout dans le pays. La bouteille de bière de 65 cl par exemple, vendue jusque-là à 500 F devrait officiellement augmenter de 100 F au plus. Hélas ! Ce prix varie désormais de 650 à 700 F. Sans compter la hausse soudaine du coût des boissons gazeuses. Pourtant, la chaîne de fixation des prix semble claire.

Au commencement, il y a les sociétés brassicoles qui, sur la base des « exigences de rentabilité et de l’Etat, dont les droits d’accise, fixent les prix et font un dépôt préalable de la grille tarifaire au Mincommerce qui apprécie », explique le directeur des ventes de l’une des sociétés brassicoles du pays. Au niveau du Mincommerce, le directeur de la métrologie assure que « sur la liste des produits et prestations dont les prix sont soumis à l’homologation préalable, les boissons alcoolisées et gazeuses n’y figurent pas. Néanmoins, ces produits sont soumis à une libéralisation contrôlée, c’est-à-dire que les prix sont fixés par le producteur mais encadrés par l’administration. D’où le régime de la déclaration préalable des prix imposée aux brasseurs. S’ils sont en baisse, tant mieux mais s’il y a hausse, on doit d’abord apprécier l’opportunité de cette hausse », indique notre source. Par ailleurs, les producteurs doivent informer les détaillants sur le « prix public conseillé ». C’est ainsi qu’on peut désormais lire sur les bouteilles de certaines bières que le prix est de 600 et non 650 F.

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Du côté des détaillants, l’on souligne que « le prix public conseillé s’applique en réalité aux points de vente à emporter, à l’instar des supermarchés et des bars ayant une licence spécifique. Pour les autres, il y a des prestations diverses qu’on impute aux clients : le siège, le verre, l’animation, le spectacle, la serveuse, etc. Tout ce confort a un prix », indique Valery Ntendie, coordonnateur national du Syndicat des exploitants de débits de boissons du Cameroun (Synedeboc). Il précise aussi que « le prix final est d’abord fonction de la licence et du confort du débit de boissons. Maintenant, il y a la hausse des droits d’accise qui n’est pas encore comprise et oblige à vendre plus cher ». Cela dit, trois quart des débits de boissons fonctionnent au Cameroun sans licence, comme révélé la semaine dernière, en marge de la Semaine du barman, au cours de laquelle les exploitants ont dénoncé le trop-plein de taxes (hygiène et salubrité, impôts sur le revenu, impôt libératoire, occupation temporaire de la voie publique, spectacle, droits d’auteur, santé et environnement, TVA et maintenant, droits d’accise.) Aujourd’hui, c’est le consommateur final qui trinque car toutes ces dépenses lui sont répercutées. Mais avec les dénonciations des associations des consommateurs et la pression du Mincommerce, le barman pense devenir bientôt le parent pauvre de la chaîne.

Félicité BAHANE

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