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Biya scelle le sort des récalcitrants

Ama-Tutu-Muna-Biya-artistes

Ama Tutu, Amba salla et Essimi Menye avaient une propension à défier la hiérarchie. Si la formule qui veut que le gouvernement soit réaménagé sur proposition du Premier ministre était vraie, on aurait aisément conclu que Philémon Yang a réglé le compte de certains ministres qui lui tenaient ouvertement tête.

Mais, à la réalité, c’est Paul Biya lui-même qui a décidé de couper la poire en deux. Il a ainsi purement et simplement remercié des ministres qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, à cause de leur insubordination envers le chef du gouvernement.

Celle qui détient la palme d’or est sans nul doute Ama Tutu Muna. L’ex-ministre des Arts et de la culture n’a manqué aucune occasion pour montrer ouvertement son opposition au Premier ministre, son boss, notamment en ce qui concerne la question de la gestion du droit d’auteur de l’art musical. C’était en fait la vraie « rebelle » du gouvernement Yang. Rébellion qui se manifestait par une insolence réprouvée même dans son propre camp. En fait, elle digérait mal le fait que le Pm ait décidé de prendre les choses en mains pour éclaircir la situation du droit d’auteur de l’art musical au Cameroun. Un secteur qui n’aura connu que des remous durant son passage dans ce département ministériel. Mais, il faut noter que si la situation des musiciens était très médiatisée, les autres domaines artistiques ne se sont pas mieux portés, eux-aussi traversés par des crises.

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La rebelle s’en est donc allée. Elle est accompagnée de deux autres insubordonnés. D’abord Patrice Amba Salla, qui était jusque-là ministre des Travaux publics. On se souvient que « l’ingénieur du gouvernement » avait jeté en pâture le Pm au cours d’une visite de terrain dans la région du Sud. Pour justifier le retard observé dans les travaux de la route Sangmélima-Bikoula, le Mintp avait alors indiqué que « quand on dit opérations préalables des travaux routiers, c’est la libération de l’emprise des travaux. La libération de l’emprise des travaux commence par la signature du décret d’indemnisation. Et lorsqu’on a le décret d’indemnisation on paie l’argent aux populations pour qu’elles se recasent.

En marge du déplacement des populations on a à déplacer les lignes électriques et les sépultures. Aujourd’hui on a pratiquement fini sur le déplacement du réseau électrique mais les sépultures restent encore à déplacer ». Là encore, la défiance et l’insubordination étaient bien réelles. Puis, vint Essimi Menye, ministre de l’Agriculture et du développement rural. Qui décide un beau matin de procéder à des nominations à des postes de responsabilité, sans l’aval du Pm, seul habilité à valider la désignation de certaines catégories de responsables.

Malgré le sursaut d’orgueil de Philémon Yang qui va annuler ces nominations, on se rend à l’évidence que l’homme est de plus en plus meurtri par les attaques et l’insubordination incessantes de ses collaborateurs. Vendredi dernier, Biya a choisi de mettre à l’écart certains. Mais, on se demande si c’est la solution à cette situation est le limogeage ministériel. Le Cameroun, comme tout pays d’ailleurs, dispose de mécanismes permettant de résoudre cette insubordination constante envers le chef du gouvernement. Encore qu’il y a la question des querelles – voire bagarres – entre les membres du gouvernement. En fait, c’est à Paul Biya de régler le problème s’il le veut…ou s’il le peut.

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