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Bertoua : Le Sida ne fait plus peur

Considéré au départ comme l’apanage des seules filles originaires de la région, ce métier est désormais embrasé par les allogènes. Le quartier Ndemnam, très réputé en raison de cette activité est le sanctuaire de ces jeunes filles de joie. Une fois la nuit tombée, c’est une autre ambiance bien différente de celle observée en matinée qui naît dans ce quartier. Dès 19 heures, c’est l’ouverture des portes du marché du sexe. Des filles débarquent de tous les quartiers de ville pour occuper les chambres d’auberges et autres vielles baraquent du coin. Embusquées parfois en petits groupes sur les artères du quartier, elles sifflotent, interpellent et séduisent en un laps de temps tous ceux qui s’aventurent dans leur périmètre. Ici, les prix varient en fonction du temps, des jours de la semaine et des mois, pour ceux veulent satisfaire leurs libidos.
Ainsi, les prix en début de semaine ou le marché est en marée basse ne sont pas les même qu’en début de week-end. De même, il n’est pas facile pour un client de mettre long avec une de ces filles surtout en période de fêtes. Les attouchements et autres paroles douces en prélude à l’exercice ne sont pas permis « question de temps », au risque de perdre d’autres clients. Par ailleurs, une jeune fille dans la fleur de l’âge et « bonne à croquer », vaut 2000 francs Cfa la passe, selon les explications des acteurs de ce marché. Par contre, chez les femmes qui ont une poitrine terne, le prix chute de moitié.

Malgré les risques d’infections liés au VIH/Sida et autres maladies vénériennes, le métier parvient à nourrir sa femme. « J’exerce ce métier depuis 8 ans. Si je me rappelle, c’est à Abong-Mbang, ma ville natale que j’ai commencé cette activité à l’âge de 17 ans. J’étais domestique et la femme chez qui je travaillais m’a sortie de sa maison, sous prétexte que je couchais avec son époux. Étant orpheline, je me suis retrouvée au poteau pour vivre. Et depuis, je ne plains pas », confie Stéphanie M, mère de 03 enfants, âgée de 25 ans, l’une des filles de joie du quartier Ndemnam. S’agissant des méfaits de ce métier, la nommée Nicole S, âgée de 26 ans soutient que « ce métier n’est pas facile, mais on supporte ». La même explique que « parfois des hommes boivent ou se dopent au Tramol avant de venir chez-nous et deviennent violents ».

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Nicole affirme également que « je parviens à recevoir 15 ou 20 clients par soirée, et pour me rétablir, je prends une boîte de lait ». Mais, la jeune dame en guise de regret pour ce métier se tourne vers Dieu. « Je prie l’Eternel de me trouver un mari ou un peu d’argent pour me lancer dans le commerce et subvenir à mes besoins » conclut-elle. En outre, explique Roselyne K, « certains de nos clients proposent parfois des sommes élevées si nous acceptons d’avoir des rapports sexuels sans préservatif ». Une confidence qui fait froid au dos lorsqu’on connait les adeptes de ce milieu. Même si les causes de ce fléau social trouvent leur excuse dans la pauvreté et d’autres déceptions amoureuses, la recherche du gain facile reste au centre de cette activité qui prospère sous le nez et la barbe des autorités locales.

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