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Bernard Muna: «Tant que Paul Biya est en vie, il a le droit de briguer un autre mandat en 2018»

Bernard-Muna

L’ancien président de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP) pense que les problèmes du Cameroun ne sont pas liés à la personne de Paul Biya. Bernard Muna a accordé une interview au quotidien Le Jour du 25 janvier 2016.

Question: …certains sénateurs et hautes personnalités de la République qui ont commencé à inviter Paul Biya à être candidat. Quel est votre commentaire sur ces multiples appels ?

Bernard Muna: Tant que Paul Biya est en vie il a le droit de briguer un autre mandat en 2018 parce que la Constitution lui donne ce droit. Je pense que les problèmes auxquels notre pays fait face ne sont pas liés à la personne de Biya, mais c’est le RDPC en général parce que plusieurs militants nommés à certains postes de responsabilités profitent de leur position pour détourner des deniers publics. Certains sont déjà en prison. Mais il est important que si Paul Biya gagne en 2018 qu’il trouve d’autres personnes à qui il doit confier les responsabilités dans le gouvernement pour que la politique du Cameroun change. Les gens avec lesquels il dirige ne peuvent rien lui apporter de nouveau.

Question: Quels sont les leçons tirées du dernier discours de Paul Biya à la Nation ?

Bernard Muna: La personne qui a conseillé le Président de la république de Parler des allocations familiales l’a induit en erreur parce que l’allocation familiale concerne seulement les fonctionnaires. On doit élargir cette mesure pour tous les Camerounais y compris ceux du secteur informel. Cette annonce du chef de l’Etat est perçue comme une mesure discriminatoire parce que seuls les fonctionnaires sont concernés. Le second constat est que le président décide de baisser les prix de carburant au moment où le prix du baril a chuté sur le plan international. Et chez nous, la réduction devait être considérable. Baisser le prix du carburant à 20 Fcfa le litre cela est insignifiant et cette mesure semble ne pas avoir un impact positif sur le quotidien des Camerounais.

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Question: Comment trouvez–vous la gestion de la guerre contre Boko haram ?
Bernard Muna: Nous avons attendu longtemps pour prendre les précautions. Quand Boko Haram sévissait au Nigéria, nous n’avons pas pensé qu’en partageant les mêmes frontières avec ce pays, Boko Haram devait entrer chez nous. Beaucoup de gens parlent également de cette guerre en disant que ce sont des Camerounais qui font partie de ce mouvement terroriste. Mais je peux vous dire une chose, ce sont des gens qui ont la Carte nationale d’identité camerounaise. Ils ont obtenu ces cartes d’identité parce qu’il fallait frauder lors des élections. Dans cette zone frontalière, il y a certaines autorités de notre pays qui sont partis au Nigéria pour chercher les gens dans le souci de voter à leur avantage. Aujourd’hui, comme ces gens sont pauvres, lorsque que Boko Haram leur donne 1000Fcfa, ils sont obligés d’aller combattre à leurs côtés. Nous pouvons tout dire de Boko Haram mais le terrain a été préparé par nous. Le Président de la République doit associer tous les partis de l’opposition dans la lutte contre cette guerre.

Question: Pourquoi êtes-vous parti de la présidence de l’AFP ?

Bernard Muna: Mon départ est justifié par les statuts du parti. Je pense que si un parti politique ne prend pas ses statuts au sérieux, s’il faut les violer chaque fois, ce n’est pas lorsque vous serez président que vous allez toujours respecter la Constitution du Cameroun. Deuxièmement, je pense aussi qu’à l’âge de 76 ans, il était temps que je passe le témoin à la nouvelle génération notamment la jeunesse, parce que demain, ce sont ces jeunes qui seront élus présidents, qui iront à l’Assemblée Nationale et auront de l’énergie pour nous représenter dans les autres administrations publiques.

Propos Retranscrits par Jean-Marie NKOUSSA

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