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Bataille autour du permis de conduire

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Un nouvel épisode vient de jalonner le feuilleton pour le moins cahoteux de ce qui est depuis deux ans maintenant, la réforme de l’examen du permis de conduire. Après l’annonce d’un mouvement d’humeur par les auto-écoles qui menaçaient ne présenter aucun candidat à la session du 23 mai dernier, ladite session s’est finalement tenue cahin-caha, sur fond de vives tensions.

A Douala, chef-lieu de la région produisant habituellement le plus de candidats, on a observé des salles pour le moins clairsemées, alors que du côté de Yaoundé, les épreuves organisées au lycée Leclerc ont nécessité une présence policière pour se tenir dans la sérénité, en marge de manifestations et protestations des syndicats d’auto-écoles. Adepte du dialogue dont il a fait l’une de ses empreintes managériales, le ministre des Transports, Robert Nkili n’aura, cette fois, pas su complètement apaiser ces tensions qui couvent sous la cendre depuis de longs mois maintenant, autour d’un enjeu : le contrôle du permis de conduire.

La revendication des auto-écoles de jouer un rôle plus important dans l’organisation de la délivrance de ce document de transport, ne date pas d’aujourd’hui. Une revendication motivée brandissent-elles comme argument, par les trafics pour ne pas dire l’affairisme qui s’y est établi, entretenu par les fonctionnaires du ministère. La réforme entreprise avec l’informatisation du permis de conduire pour limiter les multiples cas de faux permis enregistrés, n’a, semble-t-il, pas apaisé leur inquiétude de ce point de vue.

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Côté ministère, on évoque aisément les tares que traînent de nombreuses auto-écoles. Abonnées pour nombre d’entre elles à la clandestinité, avec des moniteurs aux compétences douteuses et présentant souvent des candidats remplissant plus les critères « gombotiques » que de réelles aptitudes de conduite. Ce parfum d’irresponsabilité jette à lui seul l’opprobre sur les structures de formation. Suffisamment en tout cas pour ne pas en faire les pivots de l’opération. D’ailleurs, la réforme de l’examen du permis, ne visait-elle pas justement à « assainir » aussi le milieu des auto-écoles, et s’assurer que ceux qui obtiennent le permis sont ceux qui le méritent ?

Au demeurant, il n’aura pas échappé aux observateurs avertis que l’enjeu financier autour de cette bataille, est loin d’être le plus négligeable. Entre les frais d’examens officiels – pour lesquels des syndicats réclament transparence du compte d’emploi- et ceux d’appoint qu’on dit reversés par les candidats pour entretenir la clémence des examinateurs, il y a sans doute dans ce pactole de quoi expliquer les positions tranchées des acteurs. Au final, la brouille persiste et pas sûr qu’avec ce qui semble ressembler de plus en plus à un divorce, la crédibilité du document querellé, le permis de conduire, en sorte renforcée. Entre positions et postures, quelles voies donc de consensus ou de compromis ? CT embraye sur cette question…à plusieurs vitesses.

Eric ELOUGA

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