Features

Bangangté : la reine blanche se porte très bien !

Ce dimanche 7 aout 2016, nous sommes allés à sa rencontre à Nkoutchoup, petite bourgade à la lisière du fleuve Noun située à 22 km de Bangangté.Avec grand étonnement, c’est une Claude Njiké-Bergeret très en forme que nous avons vu en train de s’occuper de ses animaux qu’elle élève. Après son retour des exploitations agricoles aidée par une main d’œuvre familiale, elle a récolté du maïs, des arachides et des noix mûres de palmiers pour réaliser un met traditionnel très spécial. L’on s’attendait à tout, sauf à cela.

D’après la rumeur qui a défrayée la chronique (« la reine blanche est morte !») et a été démentie par ses propres soins dans les chaines de télévisions et de radios, nous croyions tout au moins la voir coucher dans son lit de malade ou la voir extérioriser des soucis de toute nature. Que non, debout et nu-pieds, sans stress, elle était au contraire plus que lucide et équilibrée. Elle prenait même la peine de rectifier ses petits fils qui faisaient des petites fautes en s’exprimant en medumba, langue commune des peuples du Ndé. Ces petites et petits fils de nationalité française sont appelés par leurs éloges respectivement Tcha’ a goug et Taleun au point où ils peuvent oublier leurs noms portés dans des actes de naissance. Avant de nous recevoir, elle s’est longuement entretenue avec sa coépouse, veuves du défunt chef Bangangté François Njiké Pokam. Elles vivent ensemble dans cette merveille de la nature depuis 34 ans et pratiquent la même activité. Elle nous a ensuite installés sur une table à ciel ouvert dans son univers qu’elle a transformé. Nous avons échangé sur la rumeur de mauvais goût, sur ses deux mariages, sur sa carrière d’enseignante, de ses parents et grands-parents, de ses rêves, du Cameroun, des promesses non tenues par des organismes internationaux, bref de tout et même parfois de rien.

Des apprentis charlatans tapis dans l’ombre

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Qui ont promulgué cette fausse alerte ? Que recherchaient-ils dans cette infamie ? Pourquoi une minorité de truands souhaitent-ils la voir inhumer quand le bon Dieu n’a pas décidé? Autant de questions restées sans réponses. Voici ce qui se raconte dans la prairie : « Nous avons appris à la chefferie que Techun Mekat (éloge de la reine blanche) est très malade. J’ai été envoyé par le chef Bangangté pour vérifier cette information ». Aussitôt repris par son interlocuteur, « vous avez appris qu’elle est morte n’est-ce pas ? ». « Je n’ai pas dit ? Donc vous êtes aussi au courant de son décès ? », a-t-il spontanément réagit. « Le coursier du chef a été désarçonné quand il a appris qu’elle est en ce moment précis en train de préparer le pain à ses petits fils avec de la farine transformée sur place. Il a dit qu’il va mettre le chef au courant et qu’il ne doutait pas de cette information.

Il est vrai que je suis particulièrement surpris de la réaction de la chefferie, venir à en savoir sur l’état de la Techun, c’est étrange à mon sens. Le chef Bangangté actuel s’occupe-t-il de la reine blanche ? Je crois qu’il n’en a même pas l’intention. Il se dit d’ailleurs dans les cercles fermés du chef qu’elle fait partie des gens à avoir troublé son règne, ledit règne que moi je qualifie règne de l’imposture et des règlements de compte. Quand son frère, Dr Seunkam François est décédé, il a toujours envoyé quelqu’un vérifier. Là, c’était pour de vrai, mais laissez-moi vous dire que son corps n’est même pas passé à la chefferie. Heureusement que ses enfants n’ont pas voulu que le corps inerte de leur papa soit humilié, ils lui ont réservé des obsèques dignes», nous a raconté avec passion un chasseur qui vit à quelques encablures du village. A la chefferie, l’on dit que le chef est tranquille. « C’est le cœur du bandit qui bat, c’est tout ce que je peux vous dire », a repris un proche du chef que nous avons rencontré pour avoir leur version des faits. Pour une légende comme Claude Njiké Bergeret, les observateurs avertis du Ndé pensent que l’on devrait ouvrir une enquête dans cette « affaire qui serait commanditée ». De toutes les façons, un poisson et un oiseau peuvent tomber amoureux, mais ils ne peuvent fonder un foyer ensemble.

Sources : Le flux rss de camer.be

Populaires cette semaine

To Top