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Bakassi : Une économie prometteuse

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Pêche, commerce et agriculture constituent l’ossature d’une activité qui reste à formaliser. C’est un élément du décor quasi permanent. A Bakassi, sur les vastes étendues d’eau ou aux abords des mangroves, une pirogue de pêcheurs apparaît. Ou alors, des filets sont disposés là, tels des pièges de nos forêts, que le chasseur passe relever de temps en temps. Parfois, dans les embarcations, en compagnie d’un adulte, de tous jeunes enfants. Initiés dès le bas âge à ce business – parfois au détriment de leur scolarité, comme l’a appris l’équipe de CT sur le terrain.

Cette activité de pêche, essentiellement de poisson et de crevettes, constitue sans conteste la principale dans la zone. Les pêcheries disséminées à travers les différents arrondissements de Bakassi sont une autre illustration de la prédominance de la filière. Difficile d’obtenir des pêcheurs leurs vrais chiffres d’affaires, mais il apparaît que l’activité est tournée essentiellement vers l’extérieur. « 90% des pêcheurs sont des étrangers : Nigérians, Ghanéens et ressortissants de la Guinée Conakry », relève Dominic Yenai Asaah, le délégué départemental du Minepat pour le Ndian à Mundemba.

Après les captures, des commerçants, des revendeuses, entrent en jeu : ils rachètent les cargaisons, les font fumer en partie, avant de les replacer.

Selon des chiffres communiqués par la délégation départementale du Minepat du Ndian, la quantité de poisson pêchée en 2013 dans la péninsule s’élève à un peu plus de 1,2 tonne. Détails de la production commercialisée : 833 995 kg de poisson frais et 318 702 kg de poisson fumé. D’après la même source, le poisson frais est exporté à environ 80%. Le reste de la production est écoulé à Idenau, Limbe et Douala pour l’essentiel. Le poisson fumé, lui, est exporté presque en totalité.

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Sur le comptoir d’un marché à Idabato, alors que l’activité des commerçants est momentanément interrompue par une forte pluie, le reporter de CT avise des sacs de poisson et de crevettes fumés. Après échange, il apprend que le sac de crevettes (moitié moins épais qu’un sac de riz de 50kg, et beaucoup moins lourd), coûte « trente mille »… Mais attention, précise un témoin du début de la transaction, « c’est trente mille nairas, donc environ cent mille francs Cfa » ! De quoi réfréner l’envie d’achat, et surtout de bien réaliser que le gros des consommateurs réside hors du Cameroun.

« Ils vendent au Nigeria où ils peuvent écouler leurs produits plus cher et mieux », explique Emmanuel Ngnié, sous-préfet de Kombo Abedimo. « Un verre de tapioca vendu à 100 F ici coûte dans les 300 F là-bas », illustre-t-il.

En effet, après la pêche, l’agriculture, notamment la culture du manioc, constitue un autre pan de l’activité économique (voir article de Peter Efande). Vient ensuite le commerce des vivres, qui arrivent d’Ekondo Titi et d’Idenau notamment, d’appareils électriques ou électroniques, et de biens de consommation courante, venus du Nigeria.

©Alliance NYOBIA 

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