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Bafoussam : Zoom sur la délinquance en milieu scolaire

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Le rapport d’une structure spécialisée sur des questions de mœurs, présente les méthodes, les lieux de rencontre; et établit le degré de responsabilité de chaque maillon de la chaîne éducative, dans la déperdition morale galopante des jeunes dans le Chef-lieu de la région de l’Ouest.

La Brigade internationale des mœurs, de l’éthique et de la moralisation (Brimem) vient de faire une enquête approfondie sur la délinquance juvénile et atteinte aux bonnes mœurs dans les lycées et collèges de la ville de Bafoussam. Dans le rapport de cette enquête, la Brimem fait sans d’emblée le constat selon lequel, «le respect des valeurs morales a disparu au sein de la jeunesse ; entrainant avec lui les bonnes mœurs, la recherche du succès, la discipline, la volonté, l’inquiétude etc.»  Aussi, la structure précise que le «pourcentage des jeunes qui sont encore consciencieux, dévoués et respectueux de la chose scolaire décroît chaque année en faveur de l’adoption des comportements peu recommandables d’orgueil, d’indifférence, de têtutesse, de délinquance sexuelle etc.»

Si ce phénomène continue de prendre de l’ampleur nonobstant, les mesures prises en amont jusque-là à l’effet de freiner la catastrophe qui guette l’avenir de ces jeunes, cela serait d’après la Brimem, la conséquence d’au moins quatre aspects négligés. D’abord, la liberté de pouvoir aller d’établissement en établissement année après année. Cette liberté indique Billy Fidely Tokam, « rend insoucieux et irrespectueux les élèves délinquants qui ne sont donc plus inquiétés. Car exclus ici, ils iront ailleurs l’année suivante sans que le nouvel établissement cherche à prendre connaissance de son précédant dossier disciplinaire ;  son but étant le chiffre d’affaire et non le souci d’éduquer la jeunesse camerounaise.» Ensuite, le président Brigadier général de la Brimem pointe le doigt accusateur sur les parents qui, dit-il, font preuve d’incapacité à maîtriser leurs propres progénitures.

«Beaucoup de parents ont abandonné leurs missions d’encadrement et suivi de leurs enfants. Ceux-ci, tombés dans la délinquance, entrainent ceux des parents responsables qui, malgré tous les moyens de suivi qu’ils déploient voient leurs enfants n’en faire qu’à leurs têtes», se terrifie le rapport. L’autre facteur relevé comme entrainant la délinquance juvénile à Bafoussam est, l’alibi des exclusions temporaires. Selon la Brimem, les sanctions disciplinaires qui conduisent à des mises à pied allant jusqu’à plusieurs jours d’exclusion sont en fait, ce que recherchent les élèves délinquants pour se retrouver dans les casinos, salles de jeux au hasard etc. Enfin, la colonisation passive à travers les progrès technologiques notamment la télévision, l’internet, les supports multimédia qui offrent au choix tout ce qui est bien pour l’épanouissement intellectuel, mais également tout ce qui s’y oppose, est également soulignée.

Phénomène généralisé

Collège privé laïc, collège privé confessionnel, lycée. Aucun type d’établissement scolaire secondaire à Bafoussam, n’a prêché  par le bon exemple. Dans la mesure où, le rapport d’enquête de la Brimem, parlant des cas avérés de délinquance, fait savoir qu’aucun établissement n’a échappé à ce phénomène ; et qu’au contraire, tous les responsables de ces établissements expriment leur inquiétude sur la situation qui va de mal en pire année après année.

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Les lieux de rencontre

Outre les établissements, les élèves délinquants de Bafoussam ont d’autres sites où ils se rencontrent pour accomplir leurs viles besognes. Et la Brimem a répertorié quelques-uns. Notamment, une maison en étage dont le second niveau est inachevé et située en contrebas du buisson qui est derrière le collège Tama. Certains s’y abritent pour différents pratiques, apprend-on. Un autre buisson les abritant est situé derrière le dépôt Ucb, sis à l’entrée de la ville de Bafoussam. «Ils ont également un cadre aménagé au bord du cours d’eau passant au fond du quartier, à l’entrée groupe3 au quartier Haoussa. Un autre site se trouve aux abords du stade de la chefferie dans les champs. On les retrouve aussi dans les salles de poker, games. La dernière stratégie qu’ils ont adopté c’est de se retrouver dans les domiciles de leurs camarades vivant en location ou seul», révèle cette structure ayant pour leitmotiv, la défense du respect des bonnes mœurs, de l’éthique, de la déontologie professionnelle et moralisation des couches sociales ou des personnes en dérive

Malgré l’ampleur du phénomène, l’organisation que dirige Billy Fidely Tokam, fait des propositions de solutions en quatre phases. La première, phase «d’identification», consistant à demander à tous les responsables des établissements scolaires (publiques et privés) à produire la liste de leurs élèves exclus pour les raisons combattu. La seconde qui est la phase «d’observation des mouvements», devrait consister à mettre à la  disposition de tous les responsables des Etablissements publiques et privés de la liste générale des délinquants pour affichage et exploitation avant l’ouverture des inscriptions. Ceci précise la Brimem, «permettra de suivre les changements d’Etablissement de ces délinquants et préviendra en même temps à l’établissement qui le reçois de savoir de quel type d’élève il s’agit et de prendre à son encontre les dispositions conséquentes avant son recrutement et l’assurer un suivi disciplinaire particulier».

Le retour d’information est troisième proposée. Intervenant après la fermeture des inscriptions pour l’année, elle permet à chaque responsable d’établissement publique ou privé de fournir à l’autorité ou la commission en charge de cette opération, la liste de ses nouvelles recrues dont les noms figuraient sur la liste générale des délinquants à lui donnée à la base par cette même autorité. L’ultime phase que propose la Brimem est celle de «décision et d’information». Celle-ci fait l’inventaire des rapports d’inscription des responsables d’établissement tel que présent pour que l’autorité ou la commission mise sur pied à l’effet de combattre la délinquance juvénile et l’atteinte aux bonnes mœurs puisse exactement savoir les établissements dans lesquels les élèves délinquants sont repartis.

Ce rapport vise à orienter les décideurs pour la mise en place des mesures plus efficaces pour mettre terme à un phénomène qui prend en otage la jeunesse, non seulement dans la région de l’Ouest, mais aussi dans tout le Cameroun.

 Vivien Tonfack

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