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Bafoussam : un élève boit l’acide et trouve la mort

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Impossible de le sauver après cet acte odieux et insoutenable, le jeune homme de 24 ans qui s’appelait Kamtchoum Jostino, ne vit plus. Il a été inhumé  ce vendredi 17 octobre 2014 à Bazou, son village natal.« Le 13 octobre 2014, il m’a envoyé un message rédigé en parabole.

Tout ce que j’ai cru avoir retenu c’est qu’il cherchait à me faire comprendre qu’il ne sait pas si je vais encore le revoir un jour. Hébété, j’ai tenté de le joindre au téléphone afin que nous causions de vive voix et que je sache ce qu’il voulait exactement insinuer. Mais après moult tentatives, il n’a pas daigné prendre mon coup de fil et après son numéro ne passait plus. Le 15 octobre 2 jours après, j’apprends que mon ami est passé de vie à trépas. J’aurais pu peut être le sauver en alertant ses plus proches si jamais j’imaginais ses intensions. Je suis dépassé, j’arrive à rien faire », racontait M Djeya Severin, ami de Jostino vivant à Makénéné à Jacques, son frère ainé et chauffeur de ligne.

Parti de Douala en 2011 pour Bangangté où il obtint le BEPC, Pitou comme on l’appelait communément, déposa ses valises à Bafoussam et fréquenta le lycée Technique Canada pendant 3 années scolaires. Régulièrement inscrit en classe de 1ère F2 au cours de l’année scolaire 2014- 2015, dans un collège de la même ville, il est difficile pour le moment d’avoir la moindre idée de son homicide volontaire.

Reportage

Rendus au quartier Femtchuet par Bazou où la dépouille devrait être inhumée, ça se passait de tous commentaires. « C’était quelqu’un qui aimait la vie contrairement à ce que l’on puisse croire après l’acte qui l’a conduit à abréger sa vie sur terre. Il était très serviable, très gentil. La consternation est à son comble, il nous laisse dans l’extrême angoisse », nous a expliqué Papa Pierre, habitant du quartier.

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Dans la maison familiale, les proches nous ont identifiés et nous  ont donnés quitus d’entrer voir le corps avec interdiction formelle de ne faire des photos à l’intérieur comme à l’extérieur de la case. « Vraiment nous n’avons pas d’explications à vous donner à  ce sujet. Excusez-nous, c’est dur », a martelé son frère ainé sous anonymat. Le corps du jeune qui a échappé la morgue, était couvert des branches de sapins avec une bougie allumée et autour, les femmes assises à même le sol. Dehors, de sa petite photo affichée au mur, avec une bière posée près de ses pieds croisés. « C’est un digne fils du Ndé qui s’en est allé », a lancé un autre habitant du quartier. L’acte posé ici peut-il être assimilé à une quelconque dignité ? Dans tous les cas, plus de questions à se poser, il faut simplement respecter les morts.

Des faits

Jostino 3ème fils d’une famille de 7 enfants, il habitait chez sa tante dont la principale activité depuis plus de 23 ans est la fabrication et la commercialisation du savon artisanal de ménage. Son cousin revenant d’une course, l’a trouvé en train de sortir d’un puits profond de 10 mètres creusé dans leur cour. Tout trempé, le jeune homme se battait contre un ennemie dont lui seul maitrisait. Sa tante arrivée en catastrophe l’a trouvé agonisant au point où il était incapable de prononcer le moindre mot. Il réussira à tenir la main de sa tante et la conduire dans la chambre où était posé le bidon d’acide. « Ne me dis pas que tu as bu l’acide ! », s’exclama-t-elle. Avant de l’amener à l’hôpital, elle appela le père de J. K vivant à Bazou, un arrondissement du Ndé. Chemin faisant on lui apprend la disparition insupportable de son fils à l’hôpital malgré les soins urgents. Sa mère qui à la veille est allée rendre visite à sa fille, sœur ainée de J.K qui venait de donner vie à Ambam, a refait son sac pour retourner à Bazou après être aussi informée de la mort subite de son fils, dont les riverains sur place témoignent qu’elle aimait beaucoup. Quoi qu’il lui ait arrivé avant cette option qui lui ôte la vie, la mort a encore fait parler d’elle. Simplement que la terre de Dieu léguée à nos ancêtres lui soit indulgente.

Alain NDANGA

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