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Bafoussam : Le commerce interdit dans les écoles

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La mesure des autorités régionales en rapport avec la lutte contre Boko-haram, concernerait précisément les écoles primairesLa rentrée scolaire 2015-2016 est effective. Outre le volet sécuritaire qui fait plein feu dans les établissements scalaires depuis le premier jour des classes dans la ville de Bafoussam, d’autres préoccupations sont sur le tapis.

Quid par exemple de la qualité des denrées alimentaires, commercialisées dans les cantines scolaires ? Ce mardi 8 septembre, nous sommes au collège voltaire, à quelques mètres du lieu-dit carrefour Socada. Il est environs 10 heures du matin, c’est la première pause. Les jeunes collégiens jonchent les coins et les recoins du campus, pendant que d’aucuns s’emparent de la grande cour de recréation.

L’ambiance est presque ordinaire, mais il manque quelque chose : de quoi se mettre sous la dent. Personne ne remue la bouche, un coup d’œil jeté dans les cantines, la découverte est ahurissante. Même pas l’ombre d’une marchande de dentée alimentaire ou d’un moindre beignet farci ne pimente les sens gustatifs des élèves. Les cantines sont vides. Pour avoir une explication de ce curieux constat, il faut rencontrer un responsable de l’établissement. « Pour un milieu qui se veut éducatif, il faut qu’on intègre tous les paramètres. c’est pour ça que nous respectons à la lettre les prescriptions du ministère de tutelle», martèle Christopher Fotso principal du collège voltaire, avant de clarifier sur le sujet.

« Pour obtenir un agrément afin de vendre ces denrées, il faut avoir un certificat médical signé par un médecin en service. Il faut ensuite une blouse blanche et puis nous nous rendons dans les domiciles des potentiels vendeurs pour voir dans quelles conditions ils ou elles confectionnent ces denrées. Car il faut être très vigilant maintenant. Donc l’étude de tous ces dossiers prend beaucoup de temps ». Le temps justement pour les parents des élèves du primaire, de s’adapter à la nouvelle mesure.

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Celle-ci, qui consiste à doter suffisamment leurs progénitures, d’une bonne quantité de pitance avant leur départ le matin. En effet, c’est par arrêté que le gouverneur de la région de l’ouest, aurait interdit formellement la pratique du commerce dans les établissements scolaires. « Interdiction de la pratique du commerce au sein des établissements scolaires. Que les parents donnent le gouter à leurs enfants le matin », tel que articulé dans ledit arrêté. Rendu dans les services du gouverneur ce mercredi 9 septembre 2015, cette information n’est pas démentie par les responsables rencontrés.

Boko-haram, la cause des mutations

A l’école bilingue de Bafoussam, comme dans nombre d’institutions scolaires primaire de la capitale de la région de l’Ouest, les consignes sont scrupuleusement respectées. Les commençantes, sont de loin tenues à l’écart de l’enceinte scolaire. C’est que Boko-haram, peut poser pied à tout moment. « Ces vendeuses que vous apercevez là, ne sont pas sur le terrain de l’école et ne peuvent pas entrer. Nous leur avons demandé de ne pas entrer car on nous a ordonné lors de la sectorielle d’interdire de vendre la nourriture aux enfants à cause de Boko-haram », confie chief Peter Tengin, directeur de l’école bilingue de Bafoussam. Une mesure, qui n’est pas du tout à fructifier leur business, fulminent les commerçantes.

Olivier Mbouozikeu

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