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Baba Wame, Rodrigue Tongue et Félix Ebolé de retour au tribunal militaire

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Selon Amnesty International, les autorités camerounaises doivent abandonner les accusations de «non-dénonciation» portées contre ces trois journalistes appelés à comparaître ce 22 janvier 2016

« Les autorités camerounaises doivent abandonner immédiatement et sans condition toutes les charges retenues contre trois journalistes accusés de n`avoir pas divulgué des informations et leurs sources », ont déclaré Amnesty International et Reporters sans frontières à la veille (jeudi 21 janvier 2016, ndlr) de leur procès devant un tribunal militaire à Yaoundé, capitale camerounaise.

Baba Wame, Rodrigue Ndeutchoua Tongue et Félix Cyriaque Ebolé Bola doivent comparaître devant un tribunal militaire vendredi 22 janvier. Ce sont les premiers journalistes accusés du crime de « non-dénonciation » à être jugés devant un tribunal militaire.

Ils enquêtaient sur des informations faisant état de collusion entre des membres des forces de sécurité et le dirigeant d`un groupe armé de la République centrafricaine, qui avait été accusé d`avoir attaqué une ville dans l`est du Cameroun. Ils sont accusés de ne pas avoir partagé des informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale.

« Accuser des journalistes parce qu`ils ont respecté l`éthique de leur profession constitue une violation du droit à la liberté d`expression et un tournant inquiétant au Cameroun », a déclaré Stephen Cockburn, directeur adjoint pour la région Afrique de l`Ouest et centrale à Amnesty International.

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S`ils sont déclarés coupables, les trois journalistes camerounais pourraient être condamnés à des peines de prison comprises entre un et cinq ans, et à une amende comprise entre 50 000 et 5 millions de Francs CFA (entre 76 et 7620 euros).

Après avoir reçu des documents sur l`affaire présumée, les journalistes avaient adressé un courrier à la police pour obtenir de plus amples informations. N`ayant pas reçu de réponse, ils ont abandonné l`enquête et n`ont pas publié leur article.

En octobre 2014, ils ont tout d`abord été inculpés au titre de l`article 107 du Code pénal du Cameroun, et placés sous contrôle judiciaire : ils devaient se présenter toutes les semaines au poste et n`étaient pas autorisés à publier dans les médias. Ils ont nié avoir découvert des informations susceptibles de compromettre la sécurité nationale et affirment vouloir protéger leurs sources.

« Le Code pénal du Cameroun doit être modifié dans le respect des normes internationales en vue de protéger la liberté d`expression et la confidentialité des sources. La population a le droit d`être informée et la sécurité nationale ne doit pas être invoquée comme prétexte pour empêcher les journalistes de faire leur travail », a déclaré Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique à Reporters sans frontières.

Le Cameroun a ratifié la Charte africaine des droits de l`homme et des peuples, et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui garantissent tous deux la protection des journalistes et de leurs sources.

Source:  amnesty.org

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