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Axes routiers du sud : Amba Salla s’est-il moqué de Paul Biya ?

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En dépit d’une flopée de projets structurants lancés depuis 2011, année d’ouverture du septennat des grandes réalisations, la région d’origine du chef de l’Etat demeure dans le désenclavement.

La politique gouvernementale au Cameroun continue à jouer le principe de la ronde des heures, qui consiste à chronométrer le temps d’une mangeoire pour céder place à d’autres bénéficiaires du régime en place. Le cas du ministre des travaux publics Patrice Amba Salla est le plus illustratif dans le registre opulent des patrons qui sont passés à la tête du Mintp empocher des milliards FCFA et repartir. Quel espoir et enthousiasme après la nomination de l’ancien maire d’Ayos au poste de prestige de ministre en charge des travaux publics à l’heure du lancement des grands projets de notre émergence à l’horizon 2035.

Un remaniement ministériel du 9 décembre 2011 qui a vu Bernard Messengue Avom sortir du gouvernement par la petite porte et menacé par l’opération épervier après avoir été épinglé par un rapport houleux de la Conac sur les pots de vin encaissés sur l’axe Ayos-Bonis déjà achevé. Point n’a besoin de constater que l’ancien douanier est sur les mêmes traces que Dieudonné Ambassa Zang et certains de ses prédécesseurs Bétis qui sont passés à la tête de ce département ministériel : bloc opératoire de la commission de passation des marchés publics au Cameroun. Dans ce ministère, objet de toutes les convoitises, ou on entre pauvre et on en ressort milliardaire de toutes les façons sans se préoccuper du bilan positif ou négatif, parce que dit on souvent la construction du pays ne s’arrête jamais tandis qu’on a une seule chance dans sa vie pendant laquelle il faudra profiter.

Cette dialectique justifie la politique mercantile de tous ceux qui sont passés à la tête du Mintp depuis 20 ans notamment, Patrice Amba Salla, Bernard Messengue Avom, Martin Aristide Okouda, Dieudonné Ambassa Zang, Tsanga Abanda, Jérôme Obi Eta, Jean Baptiste Bokam… Au ministère des travaux publics, on obéit au principe selon lequel les ingénieurs sont milliardaires mais les routes dégradées et impraticables. Ce que le chef de l’Etat n’a pas comprit depuis que ce ministère n’arrive pas à connaître son second éclatement pour permettre un meilleur agencement des choses dans la plus belle manière de construire les routes et les ponts dans notre pays.

Le Sud crie au scandale et accuse Amba Salla

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Nommé contre toute attente lors du dernier remaniement poste électoral du 09 décembre 2011, Patrice Amba Salla n’était pas l’homme qu’on attendait pour booster la croissance du réseau routier au Cameroun. Mais plus que par le passé, le Chef de l’Etat a toujours fait confiance à ses compatriotes sans distinction ethnique ou de conviction. Le paradoxe dans la collaboration à sens unique entre Paul Biya et ses ministres est la situation désastreuse du Sud, région natale du président de la République et la plus désenclavée du pays. Entre 2011 et 2015, c’est-à-dire quatre ans après l’annonce en fanfare des travaux de construction des axes routiers du Sud a réjouit les populations du Dja et Lobo, de la Mvila, vallée du Ntem et celle de l’Océan. Le chantier d’envergure était entre autre : axe Sangmélima- Ouesso lancé dans le cadre de l’intégration sous régionale. L’axe zoétélé-Nkoloyop, Sangmélima-Mengong, Sangmelima, Avebe Si, Bingambo, Kribi…

Dans la seule volonté du chef de l’Etat de laisser la région équatoriale dans la prospérité après 33 ans de règne sans un réel développement de cet environnement très riche en ressources naturelles. Mais au moment où l’on parle, un tour dans ces chantiers nous permettra de comprendre que le vrai folklore entre Paul Biya et ses collaborateurs est loin de se terminer. Le pont Afamba qui relie les deux parties de la ville de Sangmélima menace de s’écrouler. En dehors des travaux de bitumage de la route Zoétélé-Nkoloyop qui sont achevés sans garantie de résistance, toutes les routes suscitées sont aux abandons.

Interrogé par les journalistes au sujet de ce scandale politique, le ministre Patrice Amba Salla a jeté l’éponge en pointant d’un doigt accusateur le premier ministre, chef du gouvernement, acteur principal dans le financement des entreprises iraniennes et espagnoles qui s’occupent de la construction de cet axe (Kay-Sson, Galdiano). A la question de savoir pourquoi la région natale du président de la République fait l’objet des intrigues dans les chantiers de sa construction ? D’autres observateurs jettent la responsabilité sur certains caciques du régime qui sont rentrés dans la complicité et les tractations financières pour torpiller ces projets.

Faudra-t-il revenir sur les nouvelles bases pour une construction définitive des routes du Sud prioritaire du développement pendant les derniers moments du chef de l’Etat au pouvoir ? Superviseur gouvernemental des projets de construction d’avenir, le ministre Amba Salla serait en train de passer ses derniers jours dans le gouvernement.

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