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Auto-écoles: Modèles de mauvaise conduite

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Les auto-écoles, ce n’est pas ce qui manque au Cameroun. Une récente enquête rendue publique par les soins du ministre des Transports, Robert Nkili,établit d’ailleurs leur nombre à 442 sur l’ensemble du territoire national. Mais le problème, tenez-vous bien, c’est que seulement 102 de ces établissements présentent des caractéristiques acceptables.

Le reste fonctionne dans l’illégalité totale ou ne dispose pas des équipements adéquats pour une formation à la conduite-automobile. Comment s’étonner alors de la multiplication des accidents de la circulation dans notre pays, quand on sait où et comment sont formés les automobilistes qui écument nos axes routiers. « […] les structures agréées pour la formation à la conduite-automobile, quand elles sont conformes, ne dispensent pas toujours d’enseignements appropriés », a dénoncé le ministre des Transports lors des assises tenues la semaine dernière, avec les promoteurs d’auto-écoles.

Selon une source introduite, de nombreuses anomalies ont été détectées dans les 442 auto-écoles contrôlées au cours des missions d’enquête débutées en 2013. Au-delà des tarifs de formation confus, il y a tout d’abord que la plupart de ces institutions réclament des frais de 20 000 F aux candidats « pour négocier le passage des examens de permis de conduire en douceur ». « Cette pratique existe depuis des années dans les autoécoles, devenant même un passage obligé. Je l’ai personnellement subie. A peine le paiement de ma formation terminée que le responsable de l’école m’invitait à m’acquitter de ces frais. J’ai refusé et j’ai échoué à l’examen, alors qu’il n’y avait rien de compliqué dans les épreuves que j’ai passées », se plaint Gabriel E., jeune fonctionnaire.

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Passé ce cap, viennent ensuite les conditions de formation des candidats à la conduite-automobile. « C’est connu : les élèves doivent suivre des cours théoriques et des cours pratiques. Pour ce qui est de la théorie, le matériel a énormément évolué avec les nouvelles technologies qui ont favorisé l’émergence de techniques audiovisuelles indispensables à l’apprentissage du code de la route. Mais, nous constatons que nombre d’auto-écoles font dans la débrouillardise avec des manuels et des équipements datant de Mathusalem », relève un observateur averti. De plus, sur le plan pratique, chaque élève a droit à une heure de cours de conduite. « Dans la réalité, le moniteur ne leur consacre que 20 à 30 minutes.

Il est difficile de faire mieux car nous devons souvent prendre 25 à 30 personnes dans la même journée. Généralement, nous sortons avec une voiture pleine. Les candidats en pâtissent. Ils n’apprennent pas vraiment à conduire mais juste ce qu’il faut pour passer l’examen : rouler en évitant les obstacles, démarrage en côte, stationnement, demi-tour, entrée de garage et marche arrière principalement », témoigne C. Zanga, moniteur d’auto-école à Yaoundé. Les voitures aussi sont souvent en piteux état. Certaines ressemblent plus à des carcasses bonnes pour la ferraille qu’à des outils de travail. Rares sont les établissements qui disposent de véhicules neufs. « En France, par exemple, les patrons d’auto-école renouvellent leur parc tous les quatre ou cinq ans.
Nous devrions en faire autant », fait encore remarquer C. Zanga.

© Yvette MBASSI-BIKELE |Cameroon Tribune

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