Economie

Augmentation du prix de la boissons à partir de Janvier 2015

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Comment la mesure est accueillie?

La loi des finances 2015 a reformulé le mode de calcul des droits d’accise sur les boissons alcoolisées, ce qui aura pour conséquence de les rendre plus chers.

Les consommateurs ne désistent par pour autant. Reportage à Douala et à Yaoundé.

Un petit tour dans quelques dépôts et débits de boissons de Yaoundé permet de constater que l’on ne sait pas grand-chose sur l’augmentation des prix des boissons. « J’en ai entendu parler, sans trop savoir quand ou de combien sera l’augmentation », déclare une tenancière d’un dépôt. Barthélémy Ombé, gérant d’un bar, ne sait pas non plus de quoi il ressort vraiment.

Mais, il a une certitude : « On va toujours boire », répond-il en souriant au reporter du Jour. Le jeune homme en profite pour décrire une pratique qui a souvent cours lorsqu’on annonce une augmentation de prix comme celle de janvier prochain. « Les grossistes vont acheter de grosses quantités de boissons et les stocker. Ils vont ensuite attendre l’augmentation pour vendre au nouveau prix, ce qu’ils ont acheté au rabais. Du coup, ça créé la pénurie en ce moment. La Mutzig est très rare, par exemple », s’insurge Barthélémy De son côté, Philippe T., lui aussi tenancier d’un bar, voit une autre raison à cette pénurie qu’il observe depuis quelques semaines. « Il y a peu de temps, les Brasseries ont modifié les conditionnements des bières tels que Beaufort ou Amstel. La contenance des bouteilles est passée de 0,65l à 0,50l pour pouvoir baisser de 50F. Cfa leur prix qui s’élevait à 600 F. Cfa dans les bars.

Jusqu’ici, la contenance de Mutzig est restée à 0,65l. Mais, je pense qu’en ce moment, ils sont en train de revoir le conditionnement de cette boisson. En réalité, on revient à la case départ, en payant plus pour moins de bière », s’insurge Philippe.

Mais, il plaint le plus les consommateurs qui font toujours les frais de l’augmentation des prix.

« j’en acheterai, même à 1000F »

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Lorsque le reporter du Jour parle de l’augmentation du prix de la bière qui sera effective à compter du mois de janvier 2015 au Cameroun, un éclat de rire général retentit dans le bar « Virage » situé au quartier Madagascar à Douala. Les consommateurs semblent étonnés de notre intérêt pour la question. Flaubert Tchientcheu, un conducteur de mototaxi venu « prendre une » (entendez une bière pour se détendre, ndlr), se tord de rire. Il tient une bouteille de bière à la main. « Qui n’aime pas la bière au Cameroun ? Tout le monde aime la bière. Même les enseignants boivent tout le temps. Regardez autour de vous. On boit tous les jours », dit-il, en buvant. Nestor, son voisin, demande au reporter, étonné : « sérieux, vous vous intéressez vraiment au prix de la bière ? Il faut comprendre que personne ne peut s’en passer. C’est un aphrodisiaque », dit-il en provoquant l’hilarité totale.
« Même si on vend une bouteille de bière à 1000 F. Cfa, j’achèterai toujours », lance William, la vingtaine, assis dans un bar au quartier Ndokoti. Pas la peine de lui demander pourquoi. Le jeune mécanicien vous devance : « la bière est importante pour l’organisme. Quand je bois une bouteille, je me sens bien, comme si je n’avais plus de soucis ». William nous avoue consommer au moins deux bouteilles de bière, à raison de 550 F.Cfa, par jour, « sauf en cas de maladie grave ». Christophe, maçon, est à sa 5ème bouteille de bière ce mardi 23 décembre 2014. Il est assis sur une chaise plastique de couleur blanche. Il pianote son téléphone portable qu’il tient de la main gauche. Le barman nous apprend que Christophe est un habitué des lieux. « Il boit parfois jusqu’à un casier. Je le connais depuis plus de trois ans que je travaille ici », assure le barman.

A quelques jours de l’augmentation du prix de la bière dans tous les points de vente du territoire national, les clients semblent indifférents. Les prix de ces boissons varient pourtant entre 500 F et 800 F (grande Guinness). « Nous sommes arrivés à un niveau où la bière est devenue une drogue pour la population. Que ce soit chez les jeunes, les vieux, les étudiants et élèves, la bière est une boisson très prisée. Je pense que toutes ces personnes boivent pour essayer d’oublier le chômage et la pauvreté qui minent notre société.

Quel qu’en soit le prix, ils contnueront de boire», pense Stéphane Kouam, stagiaire dans un cabinet d’avocat. Simon Binyegui est de la même caste. Il avoue acheter moins de dix bières par semaine, et n’envisage pas changer ses habitudes en raison de l’augmentation des prix. « Quel que soit le prix donné à une bouteille de bière, il y aura toujours des consommateurs pour en acheter. Cette année, nous avons connu l’augmentation du prix du carburant. Pour autant, y a-t-il moins de véhicules qui circulent ? » relativise Simon.
Une façon de prendre les choses que ne partage pas Valéry Ntiendie, le coordonnateur national du Syndicat national des exploitants des débits de boisson du Cameroun (Synedeboc). Celui-ci dénonce cette mesure parce qu’elle a été prise de « manière unilatérale et qu’elle n’a pas pris en compte tous les paramètres »,pense-t-il. Le syndicaliste explique en substance que la modification du droit d’accise, passé de 25 à 40%, va accroître les charges des exploitants des débits de boissons et réduire leurs marges régulières de bénéfice.

Pour limiter ces effets, le Synedeboc annonce une grille de prix des boissons conforme à ses charges que les exploitants des débits de boissons devront afficher et respecter.

Josiane Kouagheu et Irène Fernande Ekouta

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