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Au moins 40% des armes de Boko haram sont françaises

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La déclaration a sonné comme une provocation, pour l’auditoire, notamment la presse, venue témoigner de la signature des accords de partenariat entre les ministres  camerounais  et tchadien de la Communication, ce 4 mars 2015, dans le cadre de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram: «40% des armes que nous avons saisies entre les mains de Boko haram», a déclaré le Mincom tchadien, en commentant les images brutes venues du front, après une des récentes batailles menées par l’armée tchadienne.

Et l’assistance s’est mise à murmurer: «Vous êtes étonnés ? C’est bien ce que j’ai dit; au moins 40% des armes que nous avons déjà saisies entre les mains de Boko Haram sont de fabrication française; maintenant, à vous journalistes de rechercher l’origine de ces armes et comment Boko Haram s’approvisionne», a-t-il insisté, en assignant à la presse la mission de faire l’éclairage nécessaire sur ce qui sonne comme un argument de poids à la décharge de la France, accusée au sein de l’opinion publique comme un soutien de la secte islamiste.

Lors de sa visite au Tchad et au Cameroun les 21 et 22 février derniers, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères et du développement international, a nié  toute implication de la France dans la guerre, aux côtés de la secte islamiste:

«J’ai été très surpris d’apprendre par madame l’ambassadrice que certaines personnes ici pensent et disent que la France ne lutte pas contre la secte Boko Haram. Il s’agit de déclarations nées de leur imagination. Car s’il y a une nation… une grande nation dans le monde qui lutte contre Boko Haram c’est la France et j’espère avoir été, clair», avait-il répondu lors de la conférence de presse qu’il avait donnée au soir du 22 février à la Résidence de France à Yaoundé. Et d’insister: «La France supporte complètement les actions contre Boko Haram qui est un énorme danger Nous sommes aux côtés de tous les pays qui ont décidé de lutter contre Boko Harem.  Nous supportons la lutte contre Boko Haram à tous les niveaux».

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Il reste que les images diffusées par le ministère tchadien de la Communication ne vont pas aider l’hexagone à convaincre les plus sceptiques et les extrémistes. «Preuves à l’appui», la délégation tchadienne qui vient de séjourner au Cameroun, souhaiterait voir la presse des deux pays de la ligne de front, s’engager dans la recherche de la vérité dans ces informations de nature à pouvoir jeter le discrédit sur la France et achever de détruire la confiance envers la France comme partenaire dans la cette guerre asymétrique  où François Hollande qui a d’abord pris de la distance, avant de revenir sur ses positions de départ, pour jouer sa partition  à travers le renseignement. Dans un combat qu’il a gagné: celui de passer les images que la  partie camerounaise  souhaitait censurer.

Quoi qu’il en soit, «les armes saisies à ces terroristes n’ont appartenu ni à l’armée camerounaise, ni à l’armée tchadienne», a-t-il  d’office tranché. Il est désormais clair que le Tchad qui est devenu l’allié militaire de la France dans la zone sahélienne ces dernières années, semble émettre des doutes et des réserves sur la foi que  l’ancienne  puissance coloniale peut brandir dans la recherche de la paix dans cette région, voire même en Afrique.

«Lorsque nous sommes allés sur le terrain, les journalistes français qui étaient avec nous, ne semblaient pas admettre ce que nous leur disions, ils ont eux-mêmes découvert la réalité sur le terrain», peut jubiler presque, Hassane Sylla.

En commentant les images des descentes de la presse après des combats. En insistant sur la nécessité de l’Afrique à se prendre en charge.

Lindovi Ndjio

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