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Attention crevasses, Place portuaire !

Port-de-Douala-Chantier-Naval

Au milieu des travaux de réfection des routes, une desserte attend impatiemment son tour à Douala. Place portuaire ce lundi matin, 8 juin 2015 à Douala. Sur la desserte en face de Congelcam, des engins s’affairent, se disputant la route à bitumer avec de gros porteurs – faut bien que l’économie tourne ! Et si on est tout près du paradis sur cet axe-là, le sentiment n’est pas partagé sur sa première bretelle à gauche, qui mène à plusieurs entreprises. Ici, la terre ferme le dispute à l’eau. Il faut traverser de véritables crevasses gorgées d’un liquide boueux pour atteindre certains opérateurs. Dans quelques voitures, ça discute dur pour savoir si l’on peut ou non franchir les obstacles.

Selon Yvan Hilman Hilman, responsable magasin d’une des sociétés installées là-bas, « cette situation ne profite ni aux entreprises exploitantes ni à l’entreprise qui gère l’espace portuaire. Ça a un impact négatif sur les activités. Il y a des usagers qui refusent de s’engager ici et on peut les comprendre quand on regarde l’état de la route. ». On peut les comprendre, en effet.

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Pour ceux qui empruntent ce chemin au quotidien, comme Alexis Wandja, agent de sécurité, la situation dure depuis quelque temps : « Voilà plus de deux ans qu’on interpelle le Pad. C’est dernièrement qu’on nous a dit que ça allait être fait. » En attendant, il raconte : « Quand j’arrive le matin, avant de franchir cette eau, je me déchausse et je retrousse mon pantalon. Une fois au bureau, je lave d’abord mes pieds avant de mettre mes chaussures de sécurité. Mes collègues, piétons comme moi, m’appellent parfois le matin afin que j’envoie une voiture de service les chercher. » Sur place, on voit d’ailleurs quelques individus s’engager à pied, avant de rebrousser chemin et d’attendre un bon samaritain véhiculé.

Dans un tel contexte, même se nourrir devient une gageure, les vendeuses ayant déserté le coin. D’ailleurs, sur le côté de la route, on aperçoit un hangar de fortune dans une mare d’eau. Toujours d’après Yvan Hilman Hilman, des rigoles pour l’évacuation des eaux sont prévues. Un autre travailleur du coin lui se plaint : « Avec cette eau sale, pleine de bactéries, depuis quelques jours, je ressens des douleurs. J’ai dû me rendre à la pharmacie pour acheter des médicaments. ».

Rita DIBA

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