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Attaques contre Paul et Chantal Biya : le curieux silence des fils du président

Cameroun-Paul Biya-Le Monde

Biyaïstes et créatures du chef de l’État Paul Biya restent étonnamment indifférents, alors que les Marafistes et autres présidentiables impatients tirent les ficelles. Photomontage, bulletin de santé, gérontocratie, activisme de la diaspora…

Le chef de l’État et son épouse sont, depuis quelques jours, au centre d’une drôle de campagne de diabolisation. Une avalanche d’événements qui, selon le député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) Peter William Mandio, conforte à l’idée que les Camerounais sont en face d’une opération savamment planifiée, «certains barons du régime piaffant d’impatience et voulant déjà siffler la fin du match du pouvoir-Biya». Ceci s’observe d’ailleurs, selon l’élu, dans les agissements et discours de cette frange de dignitaires rongés par l’ambition du pouvoir.

Ils se manifestent aujourd’hui par leur arrogance, mais aussi des actes de défiance outrageants parfois vis-à-vis du chef présidentiel. Un chargé de cours de l’université de Yaoundé II, sous le sceau de l’anonymat, ajoute : «Des informations aussi sensibles et intimes ne peuvent que provenir de l’entourage du chef de l’État. Comment est-ce qu’un journaliste ferait-il pour savoir ce qui se passe dans l’organisme d’une première dame, si cette affaire ne lui a pas été apportée sur un plateau doré par ceux-là mêmes qui sont dans le secret des dieux ?» Pour lui, «la plus grande adversité du chef de l’État vient toujours de son entourage, de ses fabrications». De ces gens qui, depuis la prison ou encore aux affaires, traînent son nom dans la boue, sapent son action et le traitent de tous les noms d’oiseaux.

C’est donc des individus que Paul Biya a non seulement fabriqués, mais aussi sortis de l’anonymat. Ils lui doivent tout : leur carrière et leurs nombreux biens, pour la plupart mal acquis. Aujourd’hui, ils se retournent curieusement contre leur créateur de la façon la plus cynique qu’on puisse imaginer. Curieuse manière de dire merci !

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Et l’universitaire suscité de conclure : «Il y a eu le G11 et le Groupe Brutus, qui ont montré toute leur férocité vis-à-vis de leur géniteur Biya, mais le G18 semble plus cruel encore et il faut s’en méfier.» On vous connaît. Pour les uns et les autres, il ne faudrait toutefois point se méprendre: le chef de l’État n’est pas dupe, il connaît bien ceux qui essaient dans l’ombre de manipuler l’opinion et financent les médias. Ces Marafistes et autres présidentiables impatients, encore aux affaires ou pas, n’ont plus qu’un rêve : précipiter Paul Biya dans la tombe et se jucher sur son fauteuil. Un seul fauteuil pour tant d’aspirants, cela laisse forcément libre cours à la mise en place d’un scénario de feu et de sang. Devrait-on alors croire, ainsi que le prétendent certains analystes de la scène nationale, que le président n’est entouré que de conspirateurs ?

Omerta

En effet, depuis le déclenchement voici peu de la campagne de médisance, il s’observe un silence bien trop ronflant parmi ceux-là qui s’autoproclament «fils» du chef de l’État. On est bien loin de la pléiade de tribunes déversées dans les journaux et autres interventions angéliques dans les médias, à la suite des articles vindicatifs contre le couple présidentiel, comme ce fut le cas il y a quelques années avec ‘’Les mauvaises fréquentations de Chantal Biya’’. Ces pontes du régime à qui Paul Biya a pourtant tout donné, se vantent un peu partout, se bombent le torse et vocifèrent à hue et à dia qu’ils sont des frères, fils ou neveux du locataire du palais de l’Unité et même ses fabrications, sont subitement devenus inactifs et muets face aux agressions contre Paul et Chantal Biya, constate un militant de la première heure du parti du flambeau. Il faut les voir, sur d’autres scènes, quand ils défendent leurs propres intérêts !

Ils mettent à contribution tous les journaux de la République et sont prêts à tout, mais lorsqu’il s’agit de celui-là même qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui, ils deviennent tous des mauviettes. Comme s’ils étaient fatigués d’attendre et veulent déjà le jeter (Paul Biya). De véritables Brutus.Quelle ingratitude ! Peut-être attendent-ils demain, 24 mars, à l’occasion du 30ème anniversaire du Rdpc pour de nouveau entonner leur sarabande hypocrite ! Heureusement, il y a encore au sein du système Biya, des fidèles et des loyaux, prêts à tout pour défendre la République, à n’importe quel prix.

La Météo : Michel Tafou

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