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Atrocités de Eneo: Des camerounais complices de nos bourreaux

Eneo-Cameroun-électricité-Yaoundé

C’est le président de la Ligue Camerounaise des Consommateurs qui enfonce le clou la semaine dernière en annonçant à la presse qu’entre autres mesures prises par son organisation pour lutter contre les atrocités commises par Eneo contre les Camerounais, son organisation envisageait de saisir très prochainement la Commission Nationale Anti-Corruption CONAC pour qu’une enquête soit ouverte contre les fonctionnaires s’étant rendus en Ouganda pour étudier la possibilité de choix du holding britannique ACTIS qui venait pourtant d’être chassé de ce pays et qui sera, malgré cette réputation peu flatteuse, autorisé le 23 Mai 2014, à acquérir les actions de la compagnie américaine AES Sirroco, pour poursuivre la gestion de la production et de la fourniture de l’énergie électrique au Cameroun.

C’est dire si la transaction entre AES-Sonel et ce qui deviendra quelques mois plus tard Eneo fut entachée d’actions pas du tout catholiques. Une certaine opinion plus tranchée parla justement à cette époque de transaction n’ayant respecté aucune procédure réglementaire. Autrement dit, un véritable coup de force du capitalisme sauvage qui venait tordre le cou aux intérêts des Camerounais, et contre lequel se plaindront aussi plus tard des travailleurs de Aes Sonel dont les droits avaient été bafoués.

On se souvient qu’au moment où Jean-David Bile, ci-devant Directeur général de Aes-sonel annonçait cette transaction manifestement engagée sans le consentement du Conseil d’Administration chargé prioritairement de veiller sur les intérêts de l’Etat, il semblait se heurter à la nécessité d’obtenir le quitus du gouvernement représenté par le ministre de l’Eau et de l’Energie. Basile Atangana Kouna, pour ne pas le nommer, n’avait pas manqué de signifier que la transaction n’avait pas encore abouti du moment où le gouvernement n’avait pas encore donné son accord de non objection. Il semble que ce n’était de la poudre aux yeux, puisque peu de temps après, on apprendra que la vente conglomérée par AES-Sirroco de ses trois unités de production au Cameroun, à savoir AES-Sonel et ses deux filiales : Kribi Power Developement Corporation (KPDC), concessionnaire de la Centrale à gaz de Kribi et la Douala Power Development Corporation (DPDC), concessionnaire de la Centrale thermique de Yassa, avaient été finalement vendues à Actis.
Les mauvaises langues affirmeront que le ministre de l’Eau et de l’Energie, ainsi que de hauts fonctionnaires de la présidence « avaient eu leur part de gombo pour faciliter la tâche à AES», revendeur des biens de l’Etat camerounais dont il n’était que le concessionnaire, autrement dit le locataire. En l’absence d’éléments tangibles pour déterminer la responsabilité de certaines de nos élites administratives nous ne nous avancerons pas sur la véracité ou la fausseté de cette information.
Toujours est-il que de lourds soupçons pèsent ou continuent de peser sur des compatriotes qui ont mis leurs intérêts personnels et égoïstes en avant, et ont par la suite induit le chef de l’Etat en erreur, en le poussant à Pangar qui devait permettre de réguler le débit de la Sanaga, et avait opté pour l’énergie thermique en important, pour les déverser dans le réseau camerounais des équipements techniques abandonnés dans le Nevada aux Etats-Unis ? C’est la vétusté desdits équipements qui fait qu’aujourd’hui les centrales thermiques soient défaillantes.

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On peut penser que ceux des nôtres qui avaient facilité la venue au Cameroun de AES en échange de quelques dessous de table sont fiers d’eux-mêmes après ce qui est arrivé au pays : douze, voire treize années dans l’obscurité. Leur comportement ayant fait tache d’huile, d’autres ont remis ça en 2013. Le progrès ne s’arrêtant pas, on parle ces derniers jours d’un rapport confidentiel qui aurait sorti le président de la république de ses gonds. Ce rapport fait état du détournement de la moitié du fuel lourd destiné à l’alimentation des centrales thermiques pour permettre d’augmenter la capacité de production ou du moins de réduire l’ampleur de la crise énergétique. Seraient impliqués dans cet autre scandale des fonctionnaires inconséquents du ministère de l’Eau et de l’Energie, des cadres et agents haut placés de la Société nationale de raffinage (Sonara) et d’Eneo.
Alerté par ce rapport qui évoque des risques de soulèvement populaire à grande échelle, le chef de l’Etat aurait personnellement commis une mission d’enquête dont sont chargés des fins limiers de la gendarmerie nationale. La mission d’enquête pourrait livrer très bientôt ses conclusions, puisque, semble-t-il, les auteurs de ces détournements seraient déjà identifiés. Est-ce pour prévenir la foudre présidentielle qui risque de s’abattre sur certains que le ministre Basile Atangana Kouna aurait convoqué une réunion extraordinaire du Comité de suivi de l’étiage 2015 le 05 juin dernier ? La suite nous en dira plus. Mais il convient déjà de souligner que des compatriotes insoupçonnables travaillent contre les intérêts du Cameroun. Affaire à suivre !

Carine Kamogne

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