Arts'Plastiques

Arts Plastiques : Scandal culturel a la Galerie Mam de Douala

Samuel Dalle - Galerie - Mam

Si je dis que la culture Camerounaise est aujourd’hui et plus que jamais en danger, on dira une fois de plus que j’exagère. Sinon, comment expliquer la barbarie, la cruauté, la brutalité, la bestialité, voir l’inhumanité constatée à la galerie MAM ce 29 Mai 2015 à Douala. Un acte aussi pétulant et sauvage mérite, il me semble, un minimum d’éclairage. Je m’en voudrai de me croiser les bras face à ce que je nomme ici, « crime culturel », crime crapuleux de l’exposition picturale de l’artiste plasticien Camerounais Samuel Dalle.

J’exige à cet effet, qu’il me soit permis de mener une autopsie afin de déterminer les causes profonde de cette mort. J’ai par ailleurs, la ferme conviction que cela est un devoir de mémoire. Car, si les crimes d’un tueur culturel en série demeurent énigmatiques et impunis à tout jamais, cela devient un crime contre l’humanité. C’est donc un impératif historique que de lever le voile sur l’exposition « King of Shadow ».

Les Faits

L’histoire met en scène une jeune galerie qui souhaite faire son entrée dans la place culturelle Camerounaise et la trop ancienne galerie MAM. « Les galeries AKOK BELLA » menée par une jeune étudiante de la section arts plastiques et histoire de l’art de l’université de Yaoundé 1 qui, pour la première expérience entend se greffer à la galerie MAM. Par cette approche, il est possible de lire une envie de parfaire la toute première expérience. Un contrat est très vite signé qui, accorde l’espace et le protocole de la galerie MAM à « les galeries AKOK BELLA ». L’exposition est visiblement programmée. La date du 28 Mai est retenue pour le vernissage. Les peintures de Samuel Dalle sont mises à la disposition de « les galeries AKOK BELLA » pour expo graphie à la galerie MAM. Les peintures sont accrochées le 27 Mai par les équipes techniques de la galerie MAM notamment, sur la haute supervision de la patronne des lieux. Chose curieuse, l’exposition qui devrait courir jusqu’au 15 Juin, est stoppée le 29 Mai. C’est là une première dans l’histoire de l’art, qu’une exposition soit détruite un jour après le vernissage. Plus grave encore est la trivialité avec laquelle, les œuvres de l’esprit ont été mises hors de l’espace d’exposition.

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Interrogations

Cela étant dit, un tel scandale mérite plusieurs interrogations. Pourquoi la galerie MAM a – t’elle attendu d’accueillir le vernissage quand on sait, qu’elle était en droit de refuser l’exposition? L’histoire de l’art n’enseigne-t-elle pas « le salon des refusés» constitué des pionniers de l’art de l’avant-garde ? Peu importe le différent entre les deux galeries, doit-on crédibiliser un acte qui ne prenne pas en compte toutes les sensibilités? Je parle ici, du préjudice causé à la fois, aux tableaux de peintures, l’artiste, les publics et la culture en générale. Ne peut-on pas voir en cela, un acte émotif et inintelligible? Qui sont ceux qui dirigent nos lieux de culture ? Sont-ils à la mesure des défies plastiques actuels ? Ont-ils de la passion pour la chose culturelle ? Ou sont-ils simplement de minuscules aventuriers à la solde de l’économique ?

Ceci dit, quand on approche objectivement ces peintures, l’on peut aisément se rendre compte de leur haute facture plastique : « un traitement de l’espace plastique qui garanti de la résistance des tableaux, une composition qui bouscule toute limite, ces couleurs pures qui se superposent et cette parfaite maîtrise du sens des valeurs tonales ». De ce point de vu, j’exige réparation. J’exige d’autant plus réparation pour la dimension philosophique de l’exposition « King of Shadow », celle qui, interroge l’Homme à l’heure où, la civilisation techno-économique le néantise. Au moment où je dépose ma plume, je vous invite à une séance de vaudou pour la résurrection du King

Serge Ebala 

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